Mercredi 12 décembre 2007
Quoi de plus divertissant que la lecture d'un numéro de la revue "Neuro-Psycho Pour De Rire" (NPPDR) ? C'est un émerveillement sans fin que je vous fais partager autant que mes mots me le permettent. Il y a tout de même un niveau de félicité intraduisible, et je m'en excuse.

La NPPDR, c'est une profusion jamais tarie de souris et de rats dont la seule préoccupation est de jeter la lumière sur nos mystères psychologiques et sociaux les plus intimes. C'est un jaillissement continu de découvertes merveilleuses qui portent notre bien-être à un degré presque insupportable. Quelques exemples (issus d'un tirage qui date un peu), car un blog est informatif ou il n'est pas.

Nous savons aujourd'hui que nous autres gourmands, si nous voulons ne pas être tentés par de la nourriture (pour des raisons qui m'échappent), il suffit que nous fixions notre "imagerie visuelle (mentale) sur des objets, lieux ou personnes qui n'ont rien à voir avec la nourriture". Cela a été montré avec des appareils de pointe. C'est fantastique. Toutes ces années, je croyais naïvement que pour ne pas être tenté par quelque chose, il fallait penser à autre chose.

Je découvre que les gens sensibles sont "cardio-perceptifs". Ils ont en d'autres termes la conscience que leur coeur s'emballe. Ce qui en retour fait d'eux des gens sensibles. Je dois reconnaître que je suis cardio-perceptif comme une jeune fille.

Un autre cadeau. Lorsque nous sommes impliqués dans une discussion argumentée, un sentiment de colère ou de contrariété peut améliorer nos facultés d'analyse d'un problème : pour réfuter la position de son vis-à-vis. Cette colère nous rend plus efficaces. Par contre elle nous rend plus sensibles à certains biais comme la provenance de notre interlocuteur (s'il est une sorte de concurrent par exemple) qui nous fait adopter un point de vue en conséquence. Bref nous devenons plus efficaces dans une direction plus facilement biaisée. Il y a du bon et du moins bon, en somme, sans compter la tendance à recourir au traditionel argument de la main dans la gueule, qui peut mener à des sommets insoupçonnés dans la dialectique. En conclusion, être en colère c'est bien mais pas souvent. Il faut que je m'en rappelle, au boulot.

Une étude sur le lien entre intelligence et richesse m'a particulièrement intéressé. Déjà, elle est présentée par "une étude réalisée dans l'Ohio auprès de 7406 américains constituant un échantillon représentatif de la société." Remarquez que le point final se situe à l'intérieur des guillemets, et j'apprends ainsi que sur le plan social, je suis représenté dans l'Ohio. C'est un statisticien qui l'a dit. On apprend que l'intelligent n'est pas riche, bien qu'il gagne mieux sa vie. En effet, il dépense plus, et l'auteur en conclut que les femmes recherchent les hommes intelligents car ils présentent la perspective de revenus "récréatifs" (sorties, voyages, cadeaux, etc.). La modestie m'interdit de révéler à ce stade que mon QI se situe entre 213 et 221, et que je suis d'un naturel récréatif. Quoi qu'il en soit, alors que j'attendais une considération sur "est-il intelligent d'accumuler de l'argent ?", le journaliste me surprend agréablement en me prodiguant des conseils de séduction (qui dans ce cas précis rime avec consommation). C'est toujours bon à prendre.

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Notre journaliste pose une question d'actualité : "vous avez encore essayé d'arrêter de fumer, mais vous avez de nouveau échoué ?" Je ne suis pas concerné, j'ai réussi d'arrêter de fumer à chaque essai, et il y en a eu beaucoup. L'article s'adresse plutôt aux perdants. Il révèle que ces échecs sont peut-être dus à un tempérament colérique, attisé par le manque. On apprend donc au lecteur que s'il n'est pas foutu d'arriver à quelque chose, c'est qu'il a certaiment un caractère de merde. J'aime les revues engagées. Afin d'en avoir le coeur net, on nous propose un petit test, vingt questions, qui permet d'obtenir un score de caractère de merde. On répond de "pas du tout d'accord" (1 point) à "tout à fait d'accord" (5 points). Question 2 : "j'ai vraiment mauvais caractère" (je me suis mis zéro points). Question 7 : "je perds mes nerfs au moins une fois par semaine" (mais je les retrouve chaque matin, 1 point). Question 14 : "je me sens tendu" (il y a aussi des questions intimes, 5 points). Question 20 : "je pense que les gens essaient de profiter de moi" (car en plus d'être colérique, je suis une bonne poire, et peut-être un brin parano, 4 points). Il y a ensuite différents conseils en fonction du score total que l'on a obtenu, comme par exemple de consulter un psychologue, faire un effort, ou lire un livre qui explique comment gérer sa colère. Comme j'avais compris qu'il fallait faire le moins possible, j'ai beaucoup répondu "pas d'accord" et j'ai été félicité par ma revue ("Moins de 40 : Félicitations," etc.). Je déplore la disparition, au moment de la distribution des prix, du thème du départ, à savoir l'arrêt de la cigarette. Je crois qu'ils n'ont pas osé écrire que si on a un caractère de merde ce n'est même pas la peine d'essayer : on a une bonne raison de se planter. Il y a des limites à l'engagement dans le journalisme scientifique.

par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (1)   
Mardi 1 mai 2007
Je viens de retrouver des nouvelles importantes dans un ancien numéro d'une revue de vulgarisation scientifique. J'ai déjà fait référence à cette publication ici. Nous l'appellerons, afin de ne point faire de publicité sauvage : "Neuro-Psycho Pour De Rire". Parce qu'elle me fait rire quand je suis de bonne humeur. Quand je suis de mauvaise humeur, j'arrête de lire. Cette revue ne tarit jamais de découvertes originales.

Le NPPDR (*) d'avril 2006 nous apprend qu'une étude du MIT (**) a montré que lorsque l'on apprend aux rats non seulement un parcours de labyrinthe, ce qui est plutôt traditionnel, mais aussi à faire des pauses, ce qui dénote une influence significative des "Associations pour l'Amélioration des Conditions de Travail du Rat en Laboratoire" (***), on constate une remémoration inverse du parcours en labyrinthe. Chez le rat, bien sûr. Le chercheur, lui, se remémore le parcours inverse vers l'hôtel où il rencontre habituellement sa maîtresse.

Comment le sait-on ? Parce que l'on a eu la présence d'esprit de brancher une sonde dans le cerveau du rat, plus précisément dans la région de l'hippocampe qui, on le sait, est très impliqué dans les processus mnésiques. C'est une pratique courante. Un chercheur laisse rarement partir son rat sans le brancher. Sinon on ne peut rien savoir. Donc, lors de la pause (du rat), on continue d'enregistrer ce que lit la sonde, l'air de rien. Et on découvre que les neurones qui ont été activés pendant le parcours sont de nouveau activés pendant la pause, mais en sens inverse. En d'autres termes, le rat rembobine.

On sait par ailleurs que lorsque le rat "réussit" son labyrinthe, il reçoit de la nourriture. Cette nourriture provoque quelque chose que nous autres humains traduisons par "plaisir" et qui, entre autres choses, aboutit à la libération d'un neurotransmetteur que l'on appelle dopamine. Ce neurotransmetteur est supposé renforcer l'activité des neurones qui y sont exposés. Seulement cette dopamine est rapidement épuisée. Par conséquent, l'intérêt de faire une pause juste après la réussite, pendant laquelle le parcours est rejoué en sens inverse, renforce les connexions de neurones qui correspondent au souvenir de l'arrivée gagnante du labyrinthe (et non pas le départ, qui normalement est indiqué sans ambiguïté). Bref, la pause génère le souvenir de la victoire. Il s'agit là, bien entendu, d'une série de simplifications mais c'est nécessaire parce que le cerveau (même de rat) est complexe et sans simplifications on s'y perdrait, on ne trouverait pas la sortie, et on n'aurait pas de bout de fromage.

Qu'en déduit notre NPPDR pour concerner son lecteur ? Car le lecteur a du mal à s'identifier au rat, il lui faut de l'aide. Et bien le NPPDR nous dit que c'est pour ça qu'il nous faut une pause café et, lisant cela, tous nous nous réjouissons. Vivats ! Confettis ! CQFD (****) ! Depuis le temps qu'on vous le dit qu'il la faut, cette pause café.

D'ailleurs le journaliste, dont je ne divulguerai pas le nom parce que je ne sais pas qui c'est, attaque son article en ces termes : "Mais pourquoi a-t-on systématiquement envie de faire une pause-café juste après avoir terminé une étape importante de son travail ?" Notons au passage l'emploi du trait d'union entre pause et café qui marque bien l'interdépendance des deux concepts. Mon expérience me pousse à corriger cette assertion, en lui ajoutant "ou au cours d'un travail, ou au début d'un travail, ou en l'absence de travail". Ce qui reviendrait à la question suivante: "Mais pourquoi a-t-on systématiquement envie de faire une pause-café ?" Nous comprenons aisément que le journaliste ne puisse pas aller jusque là pour des raisons politiques car cela compromettrait la portée des résultats énoncés, et nous ne pouvons qu'admirer son engagement.

Jusqu'à présent, la pause café avait acquis une légitimité relative sur le plan social car, lorsqu'elle est pratiquée en groupe, elle favorise l'émergence d'idées nouvelles et d'échanges hors du cadre. Ce qui génère de l'innovation, et l'innovation c'est Bien. Maintenant, elle a une légitimité biologique. Depuis que j'ai lu cet article, je scrute toutes les publications qui me tombent sous la main en quête de recherches comparatives sur la consommation, chez les rats, de café, de thé, de chocolat et de sirop à l'eau (qui sont couramment pratiqués en pause dans mon environnement de travail ou de non-travail). Dans un deuxième temps, il conviendra d'ajouter au paradigme expérimental des collègues rats avec lesquels le rat puisse déconner ou se disputer, puis un chef rat qui aura pour fonction d'encourager les autres rats à retourner au labyrinthe, et bien sûr de l'argent rat qui servirat, qui servira pardon, au chef rat de juger de l'intérêt de conserver la pause ou non, en fonction de la productivité des autres rats dans les labyrinthes.

Ce corpus serait le point de départ d'une série d'études sur le chômage rat, c'est à dire l'absence de parcours de labyrinthe, qui nous permettrait de savoir ce qu'il advient de l'hippocampe sans victoire, sans fromage et donc sans dopamine. Je ne peux pas croire que chez le chômeur, la pause café ne serve à rien.



(*) Vous ne pensez tout de même pas que je vais écrire "Neuro-Psycho Pour De Rire" en entier tout le temps.
(**) Vous ne croyez tout de même pas que je vais écrire "Massachusetts Institute of Technology" en entier tout le temps.
(***) Que l'on peut désigner par AACTRL.
(****) Plus personne n'écrit "Ce Qu'il Fallait Démontrer" de nos jours.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (3)   
Dimanche 18 février 2007
Je viens d'apprendre que l'on a découvert le mécanisme responsable de la tolérance à la morphine. Vous savez que la morphine rend tolérant. C'est Bien d'être tolérant, mais il paraît qu'avec la morphine, c'est Mieux de rester ferme. Cette tolérance oblige à prendre des doses de morphine de plus en plus importantes, et beaucoup de gens voient cela d'un mauvais oeil. Pourtant je m'en porte très bien. Il est vrai qu'aujourd'hui, pour me sentir bien dans ma peau, ou hors de ma peau selon la qualité du produit, je suis obligé de mettre de la morphine au lieu du lait pour baigner mes céréales, mais ce n'est pas plus terrible que ça. Mon avocat est toujours un peu nerveux quand j'en parle, j'ignore pourquoi, mais ici nous sommes entre nous.

Donc, l'accoutumance est due à l'action de la morphine sur un produit qui produit l'accoutumance. On a identifié l'identité du produit. Cela permettra à terme de résoudre la solution. Oui, ma formulation est redondante, mais on est en pleine vulgarisation, il faut que tout le monde comprenne bien. Comme vous l'avez deviné, la prochaine étape est de créer le médicament qui agira sur le produit afin qu'il n'influe pas sur la tolérance lorsque l'on est traité à la morphine. Bien entendu, si le produit en question a d'autres influences, essentielles à la santé, il faudra créer un autre médicament qui contrecarre l'éventuelle carence ou modification du produit. Par conséquent, il faudra bien prendre tous les médicaments, dans l'ordre approprié pour régler les effets au plus précis. Bientôt nous aurons la combinaison gagnante, comme pour les verrues plantaires. Ah, vous ne connaissez pas la combinaison gagnante de la verrue plantaire ? Je vous décris.

Contre les verrues, il existe maintenant un médicament infaillible, qui vous en débarrasse en moins de deux semaines. Trois maximum. Quatre dans les cas extrêmes. Voire cinq, mais c'est mon dernier mot. Les verrues ne reviennent plus jamais. L'ennui c'est que cette molécule a un effet secondaire indésirable : elle a tendance à congestionner les vaisseaux sanguins qui irriguent le foie. Par conséquent, en même temps, il faut prendre un autre médicament si l'on ne veut pas perdre son foie. C'est important, le foie, dans la vie. Ce médicament qui sert à conserver son foie est assez mal, voire pas du tout, toléré par les reins. Ainsi, l'on prescrit en même temps un médicament qui dope les fonctions du rein, mais qui malheureusement augmente le rythme cardiaque. On ne peut pas administrer dans ce cas un régulateur de fréquence cardiaque, bétabloquant ou autre, à cause d'une incompatibilité dangereuse avec le médicament pour le foie (cela peut occasionner un coma, qui risque de troubler les activités quotidiennes du patient), donc on administre un médicament qui réduit la capacité d'oxygénation du sang. Ce dernier médicament produit très souvent, au niveau des jambes, une toute nouvelle sorte de gangrène, appelée "gangrène médicamenteuse" ou "gangrène propre". Généralement, on est obligé d'amputer les jambes un peu au dessus du genou parce que l'odeur est très incommodante. Il n'y a pas de risque de mort comme dans les autres gangrènes, c'est très contrôlé. En fin d'opération, on peut parfaitement voir sur le membre amputé l'absence totale de verrue. Le patient est guéri.

Je suis curieux de découvrir la combinaison "morphine", de nouveaux exploits pharmaceutiques sont à prévoir.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Vendredi 16 février 2007
Un article d'une revue de vulgarisation neuro-scientifique m'a bouleversé. C'est trop important pour que je garde cela pour moi, je vous fais partager.

L'article commence par nous confronter à un fait indéniable : si l'on nous présente une silhouette de chameau, coloriée en beige, nous ne tarderons pas à reconnaître la forme d'un chameau. La question que nous nous posons tous est : pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? Pardon, je m'emporte. Pourquoi pensons nous à un chameau et pas à une collection de formes sans signification les unes collées aux autres, avec à côté la couleur "beige" ? Parce que, mes amis, nous avons tous (ou presque) un cortex cérébral à plusieurs couches, et que chaque couche intègre les informations de la couche du dessus. Nous pensons en six couches. Mais la plupart du temps, nous ne nous en rendons même pas compte, parce que le cerveau n'est pas très apte à se penser lui-même.

Reprenons depuis le début. Couleurs et formes sont traitées séparément, de façon décomposée, dans les couches extérieures du cortex, et le tout est rassemblé, intégré est le terme exact, dans les couches intérieures. L'article parle du cortex en général, mais tout le monde aura deviné qu'il s'agit du cortex occipital puisqu'il est question d'informations visuelles (aussi appelé "cortex de derrière la tête").

Comme l'explique ma revue, plus on descend dans les couches, plus les neurones intègrent de l'information complexe. Ainsi, un neurone de la sixième couche reçoit l'intégration de l'information de nombreux autres neurones plus "basiques". Il existerait ainsi un neurone spécifique qui réagirait immédiatement à la vue de tout ce qui ressemblerait à un chameau. La nouveauté n'est pas la question de l'intégration de l'information, on connaît l'existence de cellules pyramidales (un neurone "intégrateur"), par exemple, depuis au moins trente ans. Les théories "localisationnistes" que nous présentent cet article datent des années dix-neuf cent soixante, et des alternatives théoriques robustes sont proposées depuis pas mal de temps par le courant "connexionniste", motivées par le seul prétexte que ce que nous disent les localisationnistes "n'est pas possible" (je cite). Selon moi, ce n'est pas une raison valable, mais je ne tiens pas à entrer dans ce débat.

La nouveauté est que l'on parle à présent du neurone "chameau". Peut-être que ne vous mesurez pas la profondeur de cette révolution. Souvenez-vous. Lorsque l'intégration des traits visuels en une image globale signifiante a été scientifiquement décrite et étudiée, un neurone particulier est sorti du lot, et s'est retrouvé sous les projecteurs.
C'était en 1967.
C'était le "neurone grand-mère".

La science nous disait que quelque part, au plus profond de notre cerveau, se trouvait un neurone qui réagissait à l'image de notre grand mère. Avec ou sans lunettes, il transmettait pareil. Mais il n'était pas stimulé s'il s'agissait de grand-père, de maman ou de Tobby le teckel. C'était le neurone grand-mère, qui est devenu célèbre et présenté par tous les hémicycles. Quand j'ai appris cela il y a longtemps, je me suis senti plus riche. Vous comprenez, je n'avais jamais connu mes grand-mères, alors j'étais heureux d'en avoir au moins une dans le cortex, cachée dans le fond. Oui, mais laquelle ? Bah, aucune importance, je ne les connais pas de toutes façons.

Maintenant tout s'écroule. On m'apprend que ce n'était pas ma grand-mère mais un chameau. Comme je ne l'ai jamais connue, je ne m'étais apperçu de rien. N'empèche, ils pourraient amener ce genre de révélation avec plus de douceur dans ces revues vulgaires. Vulgarisatrices. Je vous le dis, mes amis, cet article va provoquer des drames. Les enfants vont manquer de respect à leurs aïeux et les vieilles dames vont sortir une énorme langue en faisant "bleblebleble".

J'écris de ce pas un courrier à cette revue pour faire retirer de toute urgence ce numéro des rayons.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (1)   
Mercredi 6 décembre 2006
Le début ici.

James McKeen Cattell est considéré comme l'inventeur de la scientométrie. La scientométrie est une discipline qui consiste à mesurer les caractéristiques, de l'espèce scientifique, qui sont considérées comme les plus utiles pour l'espèce humaine. Il existe d'autres charactéristiques, plus ou moins curieuses, qui ne nous servent à rien, comme par exemple la capacité à trébucher sur les trottoirs. Une personne qui trébuche sur un trottoir porte très probablement des gènes de scientifique. Mais ça sert à rien.

Au départ, Cattell avait marché sur les traces de son aîné Galton et s'amusa à répertorier les hommes éminents, dans son ouvrage de 1903. Il recommandait de favoriser la reproduction des éléments d'élite, tout comme le faisait Galton. Puis quelque chose s'est passé en un très court laps de temps, et il milita en faveur de l'action de l'environnement sur l'apparition de nouveaux représentants de l'espèce scientifique. Enfin, il finit par attribuer la croissance de la population d'hommes de science à un mélange des deux (hérédité et environnement). La plupart des analystes considèrent que Cattell a fini par prendre une position intermédiaire dans la guerre entre l'inné et l'acquis qui a déchiré la psychologie durant près d'un siècle (je vous raconterai un jour, il y a des grandes batailles, des armées, des héros, tout l'assortiment de la fresque épique). Ce n'est pas mon avis.

Je vais vous démontrer que non seulement James McKeen Cattell n'a pas cessé d'opter pour une véritable sélection de l'espèce scientifique, mais de plus nous le faisons encore aujourd'hui, pour le bien être, la santé et surtout l'utilité de nos hommes de science.

Cattell s'est simplement désintéressé d'un élément de cette sélection, la reproduction, pour s'attacher à un autre : la nourriture. De quoi se nourrit le scientifique, au fond ? De légumes, de viande et de pâtes, me direz-vous. Mais d'où cela vient-il alors que l'espèce scientifique compte si peu d'agriculteurs et de charcutiers ? Tout le monde sait que le scientifique est incapable de cultiver des macaronis tout seul. Il y a bien les agronomes mais ils ne font pousser des trucs que pour jouer avec (quelle éducation, tout de même : jouer avec la nourriture !). La vraie nourriture du scientifique c'est l'argent. Un bon scientifique n'est rien sans pognon. Ce n'est pas en vendant à ses heures perdues quelques nouvelles de science-fiction qu'un homme de science peut s'acheter un synchrotron en état de marche. Même d'occasion.

Cattell s'est donc attaché à mesurer la capacité des états, villes ou régions à faire prospérer ses scientifiques et à les inciter à favoriser leur croissance en leur jetant de temps à autres quelques bons billets. Il s'agissait bien entendu toujours de favoriser l'élite avec les catalogues de "meilleurs scientifiques" qu'il a publié des années durant. Il a entre autres déclaré que l'existence de certaines villes, aux Etats Unis, étaient "un scandale intellectuel". Soulignons au passage qu'il n'existe pas de telles villes en France. Bref, la méthode est la même, seul le vecteur diffère.

On racontait jadis aux enfants, au coin du feu, une parabole très éclairante. Approchez-vous, les enfants. Pas trop près, vous marchez sur ma barbe. Là, c'est bien. Il était une fois un pays merveilleux où circulaient beaucoup de trains. Il y avait des trains partout, qui allaient et venaient d'une ville à l'autre. Parfois survenaient des accidents et les usagers en étaient fort incommodés, surtout ceux qui y perdaient des membres. Ils demandèrent à la compagnie de réduire le nombre d'accidents, ce à quoi elle répondit avec bienveillance. On fit des statistiques très poussées et il apparut que les accidents impliquaient le plus souvent le dernier wagon du train. La compagnie décida donc de prendre toutes les dernières voitures des rames pour les mettre devant, et tout le monde fut content.

Aujourd'hui, on prend souvent cette parabole pour une blague. Une blague belge par surcroît, ce qui est injuste parce qu'il y a bien plus de trains en France qu'en Belgique. C'est bien mal comprendre cette histoire. Il s'agit en réalité d'une illustration de la façon la plus directe d'améliorer l'espèce scientifique, une méthode qui a fait ses preuves. On coupe les vivres aux scientifiques qui sont derrière et on donne plus de pognon à ceux qui sont devant. On aurait pu le faire en agissant directement sur leur reproduction mais cela ne serait pas en accord avec les valeurs actuelles, et c'est cela que Cattell avait compris. C'était un homme en avance sur son temps.

Aujourd'hui notre système social a ménagé une vraie place à l'espèce scientifique. Il y a des circuits de subventions, de crédits, d'allocations pour qu'ils puissent bien manger, conserver des dents saines et le poil lustré. Il y a des lieux spécifiques pour eux, sans trottoirs, où ils peuvent s'ébattre sans craindre le regard narquois des humains. Et il y a bien entendu toute une batterie d'outils d'évaluation pour favoriser les plus méritants. Tout cela, ou presque, nos hommes de science le doivent à Cattell. Nous avons néanmoins ajouté le complément nécessaire (à notre époque) de l'homme de science : la femme de science.

Il y a peut-être autour de vous une femme ou un homme de science. Donnez-lui un peu d'argent. Notre position dominante sur cette planète implique une responsabilité envers les autres espèces.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (0)   
Samedi 2 décembre 2006
Le début ici.

Francis Galton établit donc, dans son ouvrage de 1869 ("Hereditary Genius") que l'éminence est héréditaire. Il est fort marri de constater qu'il dénombre dans son pays 233 hommes éminents par million d'habitants alors que statistiquement il devrait en trouver 2423. Il clame à qui veut l'entendre (en particulier s'il se trouve à portée de voix) qu'il faut favoriser la productivité des hommes éminents. Il voulait bien sûr parler de "reproductivité". Notons que ce terme n'existe toujours pas dans la langue française, ce qui indique que nous autres français rechignons encore aujourd'hui à appliquer un vrai programme de reproduction de l'homme de science.

Tout à son désespoir sur le manque certain d'avenir de l'éminence dans son entourage immédiat, Francis Galton est averti de la publication par Alphonse de Candolle (né en 1806, décédé en 1893), en 1873, d'une étude sur la production nationale d'hommes savants (en Suisse). Selon Galton, c'est la famille qui produit le grand homme. Selon de Candolle, c'est le pays qui produit l'homme de science. Les termes reflètent la profonde divergence des deux hommes : Alphonse de Candolle attribue la qualité de la population scientifique à l'environnement social. C'est beaucoup trop pour un seul Galton : il se prend à deux mains et publie incontinent "English Men of Science: Their Nature and Nurture", en 1874. C'est ainsi que nous passons de l'homme simplement éminent à l'homme scientifique véritable. L'espèce scientifique en tant que telle est enfin sous le projecteur et fait l'objet d'un vrai débat.

Cet ouvrage de 1874 nous apprend que Francis Galton s'était attaché à interroger près de deux cents scientifiques britanniques afin de leur arracher l'aveu que leur vocation était "innée". Tous n'ont pas répondu dans ce sens, mais la majorité était là. Aujourd'hui, tout cela nous semble un peu ridicule. Bien entendu, nous n'allons pas courir les champs pour demander aux coccinelles ce qui les a motivées dans cette voie rouge à pois noirs. La plupart répondront "c'est de famille". Nous le savons bien. Très peu diront "ça s'est présenté comme ça, ça avait l'air intéressant" : c'est juste une rationalistation entretenue dans le but de se garder une illusion de liberté de choix. Certaines diront "quand j'étais plus jeune, tous mes potes bouffaient du puceron. Alors j'ai trouvé ça trop cool de bouffer du puceron, et j'ai fait pareil. Seulement maintenant je regrette : j'arrive plus à me débarasser de cette saleté. Vraiment, la seule chose, c'est de ne pas commencer. Je sais que c'est le puceron qui va me faire crever à la fin. En plus, avec toutes les saloperies qu'ils mettent dedans maintenant, et je m'en tape au moins quinze dans la journée, hein. Et c'est comme ça tous les jours." Celles-là n'ont pas de volonté, c'est tout. Forcément, les scientifiques auront les mêmes réactions, les mêmes propos sur ce qui a fait d'eux des scientifiques. On ne lutte pas contre les gènes.

Revenons à notre étude historique. Suite à sa publication de 1874, Francis Galton éprouve le vif besoin d'en remettre une couche, en revenant à la généralité bien pratique des "hommes éminents", avec "A Statistical Study of Eminent Men" en 1903 et en 1906 : "Noteworthy Families: an Index of Kinships in Near Degrees between Persons Whose Achievements Are Honourable, and Have Been Publicly Recorded". Nous avons gardé, dans la pratique de la psychologie expérimentale actuelle, cette déplaisante manie de fourrer dans le titre à la fois le plan d'expérience avec les principales variables et une ou plusieurs définitions des concepts clés. C'est un style. Moi j'aime pas. J'aurais préféré quelque chose comme "Mon oncle : une valeur sûre". Mais c'est pas grave.

Galton n'en peut plus : l'homme de science a 1,6 enfants de moins que la génération précédente d'hommes de science. Il appelle l'état à l'aide, mais l'état ne fait rien. Pas moyen pour le savant de poursuivre des études plus complètes tout en concevant encore plus d'enfants. Selon notre spécialiste, l'espèce scientifique devait s'éteindre dans le courant du XXè siècle. Ce ne fut pas le cas, heureusement.

Aux alentours des années 1886 - 1887, Francis Galton côtoya un jeune américain venu en Grande Bretagne après être devenu l'un des premiers diplômés en psychologie expérimentale et le tout premier professeur dans cette discipline : James McKeen Cattell (né en 1860, décédé en 1944). Cattell fut en quelque sorte le sauveur de l'espèce scientifique. Quand il retourna aux Etats-Unis quelques années plus tard, James Cattell refit le parcours de son collègue Galton, avec un peu de retard mais en plus rapide : un ouvrage sur les hommes éminents en 1903, et un ouvrage de référence sur les hommes de science en 1906. Un ouvrage de références (avec "s") devrais-je écrire, puisqu'il s'agit d'une sorte d'annuaire de savants assorti d'un classement. Les noms suivis d'un astérisque désignent les plus méritants.

La suite ici.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (0)   
Jeudi 30 novembre 2006
Suite à la publication de l'ouvrage de Monsieur Benoît Godin ("La science sous observation : cent ans de mesure sur les scientifiques") il a beaucoup été question des hommes de science. Le scientifique est en effet une race à part, qui doit être par conséquent étudiée comme telle.

Entendons-nous bien sur les mots. Nous savons tous que le terme race n'a dans ce cadre pas de réalité objective. En effet, il s'agit bien ici d'une ESPECE animale spécifique. L'espèce scientifique est à prendre à la fois dans le sens phénétique et biologique. Phénétique parce que les scientifiques se ressemblent beaucoup plus entre eux qu'à d'autres ensembles vivants tels que la couleuvre, le orang-outan ou le garagiste. Biologique parce que les scientifiques se reproduisent entre eux, quoique qu'il ait existé quelques cas référencés de croisement avec l'espèce humaine et la souris (blanche). Nous retraçons ici les origines de l'étude de l'espèce scientifique.

Francis Galton est né en 1822 et décédé en 1911. Il était issu du milieu intellectuel aisé britannique. Il comptait parmi ses cousins un dénommé Charles Darwin. Nous devons une fière chandelle à Galton, qui a développé pour nous la statistique appliquée aux sciences humaines, inventant au passage la psychologie différentielle. La psychologie différentielle est la discipline qui consiste à établir des catégories de gens et à les comparer. La biométrie et, partant, la psychométrie, en sont issues. Je devrais dire "feu" la psychologie différentielle. Lors de ma première année de fac, c'était une section de la psychologie tout à fait légitime. Lors de ma quatrième année de fac, on n'en parlait plus du tout, on avait compris qu'à force de différencier des groupes, on finissait par laisser penser que certains étaient meilleurs que d'autres, et en psychologie ça ne pardonne pas. Ainsi, la psychologie différentielle n'existe plus, elle est taboue, et d'ailleurs les porteurs indigènes refusent d'aller plus loin.

Notre éminent ami Galton, fort des toutes nouvelles notions, inventées par lui, de corrélation et de régression (des moyens statistiques d'établir des relations de cause à effet ou des différences réelles entre groupes), s'est attaché à étudier son propre groupe d'êtres vivants, les "hommes éminents". Il faut savoir qu'à cette époque, les hommes éminents, lorsqu'ils sont étudiés par un scientifique, comprennent de nombreux représentants de l'espèce scientifique, et Galton ne réalisait pas encore précisément de quel groupe il faisait partie. L'étude de l'homme scientifique en était à ses balbutiements, il est tout naturel que cette science ait commencé par être imprécise : les "hommes éminents" comptaient aussi quelques individus de l'espèce politique, très différente de l'espèce qui nous occupe ici, quoiqu'elle soit un sujet d'étude également passionnant.

Entendons nous encore bien sur les mots. Il est question ici d'hommes éminents, et non pas de femmes éminentes, puisqu'à cette époque la femme n'existait pas. La société a fait beaucoup de progrès depuis, d'abord en découvrant la femme, et ensuite en l'autorisant à faire parler d'elle.

Attardons nous sur le démarrage maladroit qui va poser les bases historiques de l'étude de l'espèce scientifique. Qu'est-ce qu'un homme éminent selon Galton ? C'est un homme dont on parle. Plus on en parle, plus il est éminent. Cette définition est encore vraie aujourd'hui : pouvez-vous me citer un seul nom éminent dont on ne parle pas ? Je ne crois pas, et si vous le pouvez, je doute en avoir entendu parler (par conséquent il n'est pas éminent). Ensuite, qu'est-ce qui rend l'homme éminent selon Galton ? Son hérédité. En effet Galton a aussi posé les fondations d'une discipline qui a toujours été un peu controversée : l'eugénisme. Il s'est penché de longues années sur l'étude des familles d'hommes éminents, et il arrive à un constat sans appel, qui vous étonnera : toutes les familles d'hommes éminent (sauf exception) ont donné naissance à au mons un homme éminent. C'est frappant, non ? Les exceptions sont très rares, du type "immaculée conception" et "si vous avez les yeux marrons, vous ne pouvez pas avoir deux parents aux yeux bleus. Quoi, j'ai dit une bêtise ?".

Ainsi, nous notons au passage que la psychologie expérimentale se flatte d'avoir parmi ses plus éminents ancètres le père de l'eugénisme, ce qui est un trait héréditaire de grande valeur, à conserver et à enrichir au même titre que la couleur "bronze" des pigeons de coucours esthétique.

La suite ici.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (0)   
Mercredi 1 novembre 2006
De nombreux chercheurs se sont penchés sur la question. Depuis de longues années, partout dans le monde, ils calculent, simulent, expérimentent. Ils ont enfin des réponses à nous proposer. En voici la substance : les galets finissent par devenir ronds. C'est comme ça.

Ces résultats permettent d'en savoir énormément sur un galet rien qu'en le regardant. Par exemple, moins un galet est rond, plus c'est un jeune galet. S'il n'a aucune rondeur, c'est une pierre.

De plus, on sait maintenant que l'eau ne suffit pas pour faire d'un jeune galet un vieux galet. Il faut surtout d'autres galets. Cela crée des confrontations génératrices de rondeur. Le galet est donc un être social. Il ne serait pas galet en l'absence d'autres galets.

Pourquoi le galet est-il rond ? Tous les galets ne sont pas parfaitement ronds, seuls les plus vieux le sont. C'est le destin du galet d'être rond, ce qui signifie que les vrais ronds sont ceux qui l'ont atteint. C'est l'illumination du galet, le moment où il est arrivé au bout de son karma, où il est enfin complètement détaché des contingences du commun des galets. La rondeur est l'état de bouddha du galet. D'ailleurs, dans de nombreuses représentations, le Bouddha est plutôt rond.

Depuis que j'en ai conscience, les ricochets ne sont plus pareils.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (4)   
Mardi 24 octobre 2006
Voici notre flash info astronomie : ce qu'il faut retenir de l'actualité des astres.

Une supernova vient d'apparaître dans la constellation du Bélier à 470 millions d'années-lumière de Paris. Les spécialistes pensent qu'elle va devenir un magnétar d'une heure à l'autre. Ou peut-être d'un siècle à l'autre. Bien entendu, compte tenu de la distance, cette étoile a peut-être en réalité déjà disparu. Du nouveau dans le flash de ce soir.

Quoi de plus terrible qu'un trou noir, cet objet spatial tellement fort qu'il peut à lui tout seul empêcher une galaxie de faire pousser ses étoiles ?
Deux trous noirs qui s'affrontent.
La sortie du film "trou noir contre trou noir", bourré d'effets spéciaux sortis tout droit des laboratoires de la NASA, se déroule dans un parfum de scandale. En effet, Georges Lucas attaque le producteur du film pour plagiat car on y voit, d'après lui, des sabres laser.

On apprend à l'instant que suite à une révision de la nomenclature par l'Union Astronomique Internationale, notre système solaire ne comporte plus neuf planètes. Pluton ne serait, selon le porte-parole Vick Napple, "tout simplement pas à la hauteur". Pour l'instant, l'UAI s'est accordé sur huit, mais le congrès prévu dans deux mois pourrait réserver des surprises. Nous vous tiendrons informé de toute fuite qui pourrait survenir avant cette date.

La sonde spatiale Cassini aurait découvert des lacs sur Titan. Il n'est pas encore clair s'il s'agit d'eau, de méthane, d'azote ou de plomb fondu. Les spécialistes s'accordent à repousser l'hypothèse de lacs de mercure : ce serait, a déclaré John Rollings, "un mauvais jeu de mots". La Russie prévoit d'envoyer des hommes-grenouille très prochainement.

Le débat continue de diviser la communauté des astrophysiciens : la matière noire qui remplit tout l'espace entre les petits points blancs est-elle sombre ou noire ? Il s'agirait dans tous les cas de la matière la plus abondante de l'univers, mais pourtant insaisissable puisqu'invisible et indétectable.

La rencontre entre les deux amas de la constellation de la Carène, située à trois milliards d'années lumières de Perpignan, se poursuit. Il n'y a aujourd'hui rien de nouveau. Cet événement a débuté il y a environ 100 millions d'années et est toujours au centre des préoccupations des astronomes du monde entier. Affaire à suivre.

Un prochain flash ce soir, sur tous ces sujets brûlants et bien d'autres.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Jeudi 19 octobre 2006
Ce blog souffre d'une terrible carence à laquelle il nous faut remédier sans traîner. Un peu de littérature par ci, d'étymologie par là, un soupçon d'histoire, le tout baignant dans les anecdotes et les opinions diverses... Quid de la vraie connaissance ? Où donc sont les sciences dures et molles ? Biologie, physique, nonologie, chimie, informatique, psychologie, eonologie, astronomie, bricolage, sociologie, cartomancie... On ne rencontre pas encore ici d'articles de fond sur le vrai progrès humain et, même si vous n'en n'avez eu qu'un vague sentiment de vacance, je ne vous ai pas encore apporté de vraie connaissance. Cela va changer. Je crée aujourd'hui même une nouvelle catagorie et vous voyez comme je prends bien soin de vous.

Inspiré par un collègue qui, lui, n'a pas oublié d'arroser son cortex, j'ai consenti à l'achat d'une revue de vulgarisation scientifique dont je tairai le nom. Je n'ai pas marchandé le prix : la motivation me forçait dans des dispositions plus que conciliantes. J'ai presque fini de le lire. Je n'y ai rien trouvé qui vaille vous déranger. Mais je vais pervé... preser... pervers... je vais m'obstiner et je vous rapporterai ce qu'il y a de mieux en matière de connaissances. Maintenant rien, mais demain (ou après-demain) le monde et au-delà.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
ajouter un commentaire commentaires (0)   
 
blog loisirs et détente sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus