Mercredi 12 décembre 2007
Quoi de plus divertissant que la lecture d'un numéro de la revue "Neuro-Psycho Pour De Rire" (NPPDR) ? C'est un émerveillement sans fin que je vous fais partager autant que mes mots me le
permettent. Il y a tout de même un niveau de félicité intraduisible, et je m'en excuse.
La NPPDR, c'est une profusion jamais tarie de souris et de rats dont la seule préoccupation est de jeter la lumière sur nos mystères psychologiques et sociaux les plus intimes. C'est un jaillissement continu de découvertes merveilleuses qui portent notre bien-être à un degré presque insupportable. Quelques exemples (issus d'un tirage qui date un peu), car un blog est informatif ou il n'est pas.
Nous savons aujourd'hui que nous autres gourmands, si nous voulons ne pas être tentés par de la nourriture (pour des raisons qui m'échappent), il suffit que nous fixions notre "imagerie visuelle (mentale) sur des objets, lieux ou personnes qui n'ont rien à voir avec la nourriture". Cela a été montré avec des appareils de pointe. C'est fantastique. Toutes ces années, je croyais naïvement que pour ne pas être tenté par quelque chose, il fallait penser à autre chose.
Je découvre que les gens sensibles sont "cardio-perceptifs". Ils ont en d'autres termes la conscience que leur coeur s'emballe. Ce qui en retour fait d'eux des gens sensibles. Je dois reconnaître que je suis cardio-perceptif comme une jeune fille.
Un autre cadeau. Lorsque nous sommes impliqués dans une discussion argumentée, un sentiment de colère ou de contrariété peut améliorer nos facultés d'analyse d'un problème : pour réfuter la position de son vis-à-vis. Cette colère nous rend plus efficaces. Par contre elle nous rend plus sensibles à certains biais comme la provenance de notre interlocuteur (s'il est une sorte de concurrent par exemple) qui nous fait adopter un point de vue en conséquence. Bref nous devenons plus efficaces dans une direction plus facilement biaisée. Il y a du bon et du moins bon, en somme, sans compter la tendance à recourir au traditionel argument de la main dans la gueule, qui peut mener à des sommets insoupçonnés dans la dialectique. En conclusion, être en colère c'est bien mais pas souvent. Il faut que je m'en rappelle, au boulot.
Une étude sur le lien entre intelligence et richesse m'a particulièrement intéressé. Déjà, elle est présentée par "une étude réalisée dans l'Ohio auprès de 7406 américains constituant un échantillon représentatif de la société." Remarquez que le point final se situe à l'intérieur des guillemets, et j'apprends ainsi que sur le plan social, je suis représenté dans l'Ohio. C'est un statisticien qui l'a dit. On apprend que l'intelligent n'est pas riche, bien qu'il gagne mieux sa vie. En effet, il dépense plus, et l'auteur en conclut que les femmes recherchent les hommes intelligents car ils présentent la perspective de revenus "récréatifs" (sorties, voyages, cadeaux, etc.). La modestie m'interdit de révéler à ce stade que mon QI se situe entre 213 et 221, et que je suis d'un naturel récréatif. Quoi qu'il en soit, alors que j'attendais une considération sur "est-il intelligent d'accumuler de l'argent ?", le journaliste me surprend agréablement en me prodiguant des conseils de séduction (qui dans ce cas précis rime avec consommation). C'est toujours bon à prendre.
Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Notre journaliste pose une question d'actualité : "vous avez encore essayé d'arrêter de fumer, mais vous avez de nouveau échoué ?" Je ne suis pas concerné, j'ai réussi d'arrêter de fumer à chaque essai, et il y en a eu beaucoup. L'article s'adresse plutôt aux perdants. Il révèle que ces échecs sont peut-être dus à un tempérament colérique, attisé par le manque. On apprend donc au lecteur que s'il n'est pas foutu d'arriver à quelque chose, c'est qu'il a certaiment un caractère de merde. J'aime les revues engagées. Afin d'en avoir le coeur net, on nous propose un petit test, vingt questions, qui permet d'obtenir un score de caractère de merde. On répond de "pas du tout d'accord" (1 point) à "tout à fait d'accord" (5 points). Question 2 : "j'ai vraiment mauvais caractère" (je me suis mis zéro points). Question 7 : "je perds mes nerfs au moins une fois par semaine" (mais je les retrouve chaque matin, 1 point). Question 14 : "je me sens tendu" (il y a aussi des questions intimes, 5 points). Question 20 : "je pense que les gens essaient de profiter de moi" (car en plus d'être colérique, je suis une bonne poire, et peut-être un brin parano, 4 points). Il y a ensuite différents conseils en fonction du score total que l'on a obtenu, comme par exemple de consulter un psychologue, faire un effort, ou lire un livre qui explique comment gérer sa colère. Comme j'avais compris qu'il fallait faire le moins possible, j'ai beaucoup répondu "pas d'accord" et j'ai été félicité par ma revue ("Moins de 40 : Félicitations," etc.). Je déplore la disparition, au moment de la distribution des prix, du thème du départ, à savoir l'arrêt de la cigarette. Je crois qu'ils n'ont pas osé écrire que si on a un caractère de merde ce n'est même pas la peine d'essayer : on a une bonne raison de se planter. Il y a des limites à l'engagement dans le journalisme scientifique.
La NPPDR, c'est une profusion jamais tarie de souris et de rats dont la seule préoccupation est de jeter la lumière sur nos mystères psychologiques et sociaux les plus intimes. C'est un jaillissement continu de découvertes merveilleuses qui portent notre bien-être à un degré presque insupportable. Quelques exemples (issus d'un tirage qui date un peu), car un blog est informatif ou il n'est pas.
Nous savons aujourd'hui que nous autres gourmands, si nous voulons ne pas être tentés par de la nourriture (pour des raisons qui m'échappent), il suffit que nous fixions notre "imagerie visuelle (mentale) sur des objets, lieux ou personnes qui n'ont rien à voir avec la nourriture". Cela a été montré avec des appareils de pointe. C'est fantastique. Toutes ces années, je croyais naïvement que pour ne pas être tenté par quelque chose, il fallait penser à autre chose.
Je découvre que les gens sensibles sont "cardio-perceptifs". Ils ont en d'autres termes la conscience que leur coeur s'emballe. Ce qui en retour fait d'eux des gens sensibles. Je dois reconnaître que je suis cardio-perceptif comme une jeune fille.
Un autre cadeau. Lorsque nous sommes impliqués dans une discussion argumentée, un sentiment de colère ou de contrariété peut améliorer nos facultés d'analyse d'un problème : pour réfuter la position de son vis-à-vis. Cette colère nous rend plus efficaces. Par contre elle nous rend plus sensibles à certains biais comme la provenance de notre interlocuteur (s'il est une sorte de concurrent par exemple) qui nous fait adopter un point de vue en conséquence. Bref nous devenons plus efficaces dans une direction plus facilement biaisée. Il y a du bon et du moins bon, en somme, sans compter la tendance à recourir au traditionel argument de la main dans la gueule, qui peut mener à des sommets insoupçonnés dans la dialectique. En conclusion, être en colère c'est bien mais pas souvent. Il faut que je m'en rappelle, au boulot.
Une étude sur le lien entre intelligence et richesse m'a particulièrement intéressé. Déjà, elle est présentée par "une étude réalisée dans l'Ohio auprès de 7406 américains constituant un échantillon représentatif de la société." Remarquez que le point final se situe à l'intérieur des guillemets, et j'apprends ainsi que sur le plan social, je suis représenté dans l'Ohio. C'est un statisticien qui l'a dit. On apprend que l'intelligent n'est pas riche, bien qu'il gagne mieux sa vie. En effet, il dépense plus, et l'auteur en conclut que les femmes recherchent les hommes intelligents car ils présentent la perspective de revenus "récréatifs" (sorties, voyages, cadeaux, etc.). La modestie m'interdit de révéler à ce stade que mon QI se situe entre 213 et 221, et que je suis d'un naturel récréatif. Quoi qu'il en soit, alors que j'attendais une considération sur "est-il intelligent d'accumuler de l'argent ?", le journaliste me surprend agréablement en me prodiguant des conseils de séduction (qui dans ce cas précis rime avec consommation). C'est toujours bon à prendre.
Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Notre journaliste pose une question d'actualité : "vous avez encore essayé d'arrêter de fumer, mais vous avez de nouveau échoué ?" Je ne suis pas concerné, j'ai réussi d'arrêter de fumer à chaque essai, et il y en a eu beaucoup. L'article s'adresse plutôt aux perdants. Il révèle que ces échecs sont peut-être dus à un tempérament colérique, attisé par le manque. On apprend donc au lecteur que s'il n'est pas foutu d'arriver à quelque chose, c'est qu'il a certaiment un caractère de merde. J'aime les revues engagées. Afin d'en avoir le coeur net, on nous propose un petit test, vingt questions, qui permet d'obtenir un score de caractère de merde. On répond de "pas du tout d'accord" (1 point) à "tout à fait d'accord" (5 points). Question 2 : "j'ai vraiment mauvais caractère" (je me suis mis zéro points). Question 7 : "je perds mes nerfs au moins une fois par semaine" (mais je les retrouve chaque matin, 1 point). Question 14 : "je me sens tendu" (il y a aussi des questions intimes, 5 points). Question 20 : "je pense que les gens essaient de profiter de moi" (car en plus d'être colérique, je suis une bonne poire, et peut-être un brin parano, 4 points). Il y a ensuite différents conseils en fonction du score total que l'on a obtenu, comme par exemple de consulter un psychologue, faire un effort, ou lire un livre qui explique comment gérer sa colère. Comme j'avais compris qu'il fallait faire le moins possible, j'ai beaucoup répondu "pas d'accord" et j'ai été félicité par ma revue ("Moins de 40 : Félicitations," etc.). Je déplore la disparition, au moment de la distribution des prix, du thème du départ, à savoir l'arrêt de la cigarette. Je crois qu'ils n'ont pas osé écrire que si on a un caractère de merde ce n'est même pas la peine d'essayer : on a une bonne raison de se planter. Il y a des limites à l'engagement dans le journalisme scientifique.

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