Je viens d'apprendre que l'on a découvert le mécanisme responsable de la tolérance à la morphine. Vous savez que la morphine rend tolérant. C'est Bien d'être tolérant, mais il paraît qu'avec la morphine, c'est Mieux de rester ferme. Cette tolérance oblige à prendre des doses de morphine de plus en plus importantes, et beaucoup de gens voient cela d'un mauvais oeil. Pourtant je m'en porte très bien. Il est vrai qu'aujourd'hui, pour me sentir bien dans ma peau, ou hors de ma peau selon la qualité du produit, je suis obligé de mettre de la morphine au lieu du lait pour baigner mes céréales, mais ce n'est pas plus terrible que ça. Mon avocat est toujours un peu nerveux quand j'en parle, j'ignore pourquoi, mais ici nous sommes entre nous.
Donc, l'accoutumance est due à l'action de la morphine sur un produit qui produit l'accoutumance. On a identifié l'identité du produit. Cela permettra à terme de résoudre la solution. Oui, ma formulation est redondante, mais on est en pleine vulgarisation, il faut que tout le monde comprenne bien. Comme vous l'avez deviné, la prochaine étape est de créer le médicament qui agira sur le produit afin qu'il n'influe pas sur la tolérance lorsque l'on est traité à la morphine. Bien entendu, si le produit en question a d'autres influences, essentielles à la santé, il faudra créer un autre médicament qui contrecarre l'éventuelle carence ou modification du produit. Par conséquent, il faudra bien prendre tous les médicaments, dans l'ordre approprié pour régler les effets au plus précis. Bientôt nous aurons la combinaison gagnante, comme pour les verrues plantaires. Ah, vous ne connaissez pas la combinaison gagnante de la verrue plantaire ? Je vous décris.
Contre les verrues, il existe maintenant un médicament infaillible, qui vous en débarrasse en moins de deux semaines. Trois maximum. Quatre dans les cas extrêmes. Voire cinq, mais c'est mon dernier mot. Les verrues ne reviennent plus jamais. L'ennui c'est que cette molécule a un effet secondaire indésirable : elle a tendance à congestionner les vaisseaux sanguins qui irriguent le foie. Par conséquent, en même temps, il faut prendre un autre médicament si l'on ne veut pas perdre son foie. C'est important, le foie, dans la vie. Ce médicament qui sert à conserver son foie est assez mal, voire pas du tout, toléré par les reins. Ainsi, l'on prescrit en même temps un médicament qui dope les fonctions du rein, mais qui malheureusement augmente le rythme cardiaque. On ne peut pas administrer dans ce cas un régulateur de fréquence cardiaque, bétabloquant ou autre, à cause d'une incompatibilité dangereuse avec le médicament pour le foie (cela peut occasionner un coma, qui risque de troubler les activités quotidiennes du patient), donc on administre un médicament qui réduit la capacité d'oxygénation du sang. Ce dernier médicament produit très souvent, au niveau des jambes, une toute nouvelle sorte de gangrène, appelée "gangrène médicamenteuse" ou "gangrène propre". Généralement, on est obligé d'amputer les jambes un peu au dessus du genou parce que l'odeur est très incommodante. Il n'y a pas de risque de mort comme dans les autres gangrènes, c'est très contrôlé. En fin d'opération, on peut parfaitement voir sur le membre amputé l'absence totale de verrue. Le patient est guéri.
Je suis curieux de découvrir la combinaison "morphine", de nouveaux exploits pharmaceutiques sont à prévoir.