-- Tiens, et si on... ?
-- Non.
-- Je veux pas dire complètement, mais juste un tout petit peu ?
-- Non. Pas question.
-- Mais c'est si bon !
-- Justement. On a dit qu'on arrête alors on arrête.
-- Juste une goutte, presque rien du tout.
-- Tu sais aussi bien que moi que l'abstinence doit être totale.
-- Mais aujourd'hui c'est fête ! On peut bien faire une petit entorse tout de même.
-- Surtout pas. Tu prends des prétextes. Si on recommence, on replonge.
-- Mais enfin, je veux pas dire vraiment avaler. Seulement mettre la langue. Pour le goût. Juste le goût.
-- On ne pourra pas s'arrêter là, tu le sais bien. Rien c'est rien, et on a dit qu'on ne ferait rien.
-- Seulement toucher, alors, humer les vapeurs. Regarder. Seulement regarder. Rien que cette robe fauve qui renvoie les reflets chauds, la rondeur...
-- Moi aussi j'en ai envie, qu'est-ce que tu crois ? Mais la moindre chose peut faire repartir tout le cycle.
-- Et alors ? Finalement, c'était bien.
-- Oui mais c'est fini, ça ruinait la santé de tout le monde.
-- Rien ne pouvait nous retenir, et on était si bien, si forts, si...
-- On ne le fait pas que pour nous, souviens-t-en ! Alors maintenant tu arrêtes, s'il te plaît, j'en ai assez d'avoir cette discussion jour après jour, heure après heure, sans arrêt. On ne goûte rien, on ne touche à rien, on ne hume rien, on ne regarde même rien. Stop.
.........
.........
-- Et si on lui envoyait juste un petit mot gentil ?
-- ARRÊTE !!
.
Je me suis demandé si c'était inconscience ou fausse modestie.
J'ai la réponse.
Ou mauvaise conscience. C'est possible aussi.