Ce qu'il s'est passé avant.Nous sommes 8006 ans avant aujourd'hui. Il était rustre, il devient bien élevé. Il était poilu, il devient presque glabre. Il était plutôt brun, il devient plutôt rose. Il se déplaçait au gré des envies et de la recherche de nourriture, il reste à présent au même endroit été comme hiver. Il fouillait la terre à la recherche de racines et récoltait les fruits murs, il mange à présent de la nourriture cultivée. Et l'Homme s'est dit : "tiens, on va faire pareil".
Je parle bien entendu du cochon, qui se sédentarise vers cette période, obligeant l'Homme à faire de même afin de profiter de la très riche collaboration inter-espèce dont nous ressentons les bienfaits encore aujourd'hui. Il est dit : "dans le cochon, tout est bon". Sachez qu'il n'en fut pas toujours ainsi. Avant, le cochon était carrément sauvage et toujours de mauvaise humeur. De plus, il était très peu disponible, sans cesse en vadrouille. Pensez donc : la porcherie n'existait pas. Mais il a fini par atteindre le degré de civilisation que nous lui connaissons aujourd'hui.
Et l'Homme ? Il a suivi, bien évidemment. Il est devenu éleveur de cochons, car le cochon le vallait bien. Il a construit des maisons en bois et torchis, pour vivre à proximité du cochon. Il a inventé la céramique, pour manipuler et conserver les produits du cochon. Il a élevé des moutons, des chèvres et des boeufs, pour passer le temps quand le cochon dormait. Et il s'est mis à cultiver la terre, pour nourrir le cochon. Ainsi donc, le cochon, et en particulier le cochon français, est à l'origine de l'agriculture.
Nous avons compris pourquoi cochon, il nous reste à expliquer pourquoi français.
Des hommes habitaient entre l'Euphrate et le Jourdain, une région que l'on appelle le "croissant fertile", et tentèrent 8000 ans avant Jésus la culture du blé et de l'orge. C'était assez maladroit. Je ne crois pas que l'on puisse affirmer qu'il s'agissait d'agriculture. Au bout d'à peine un ou deux milliers d'années, le croissant fertile ne le fut plus. Et puis il y avait trop de monde. Alors ces gens ont émigré vers la terre d'accueil qu'a toujours été la France.
Une partie préférèrent le nord et s'installèrent dans le bassin parisien, et une autre suivit la Méditerrannée jusque dans le midi. Ils s'intégrèrent très bien, notamment en se rapprochant du cochon. Ces deux populations sont toujours restées relativement distinctes. Aujourd'hui encore, on peut les différencier par leur accent. Par la suite, la population du midi passa par une période de faste résultant de l'apprivoisement de l'olivier, de la vigne, du melon et de la courge, alors que les parisiens n'avaient même pas encore de patates et presque pas de champignons. On sait que les parisiens ont toujours envié aux gens du sud leurs melons.
C'est là, mes amis, que l'agriculture fut vraiment développée et enrichie. C'est là que l'Homme commença à défricher, couper et brûler les arbres. C'est là qu'il commença à domestiquer la nature à coups de hache. Et il n'a pas fini. Il y a à peine deux ans, l'Homme a abattu plein de vieux maronniers sur une place du centre ville et pourtant j'ai beau regarder : l'Homme n'y a même pas planté de melons.
Ce qu'il s'est passé après.
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