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Mardi 21 avril 2009
Quelle horreur ! Qu'on éteigne les radios ! Qu'on brûle les MP3 ! Qu'on dépèce les marchands de disques ! On nous assassine !

Je viens de découvrir une terrible machination, tout à fait par hasard.

Vous savez que pour mon édification personnelle, j'effectue régulièrement des recherches documentaires sur mes artistes préférés auprès des sources d'information les plus pures, les plus objectives et les mieux documentées, en particulier sur YouTube. Or, cela ne vous surprendra guère, je suis un grand admirateur de Britney Spears : j'aime beaucoup trois de ses chansons (le reste est nul). Quelle ne fut pas ma surprise quand... quand je... ah, les mots me manquent et les larmes d'indignation troublent ma vue.

Il semblerait que dans le refrain de son premier succès, la chanteuse ait glissé une phrase abominable. Le succès en question est celui qui s'appelle : "Hit me baby one more time". Littéralement : "frappe moi encore une fois bébé". C'est une chanson d'amour. Selon les documents dignes de foi (*) que j'ai trouvé sur internet, "Oh baby baby" (oh bébé bébé) serait la traduction de : "give me a boy give me a boy" (donnez moi un garçon donnez moi un garçon). Les lignes "When I'm not with you I loose my mind. Give me a sign" (Quand je ne suis pas avec toi, je perds la tête. Donne-moi un signe) seraient en réalité : "Sleep with me I'm not too young" (couche avec moi, je ne suis pas trop jeune).

Comment ces odieux messages, dont la brutalité luxurieuse n'a pas d'équivalent dans la musique pop normale, peuvent-ils être vendus par millions parmi notre jeunesse innocente et malléable ? Par un procédé diabolique qui consiste à faire apparaître les vrais propos lorsque le disque est joué à l'envers. C'est dire si ces pratiques sont pernicieuses : les phrases sont retournées pour que notre esprit ne se rende compte de rien. C'est tout en subliminal (**). Sans notre consentement, notre cerveau joue le morceau dans l'autre sens et remet les mots dans le bon ordre, selon un procédé familier aux amateurs de vraie poésie. Je n'en suis pas, c'est pourquoi je n'avais pas fait attention au départ. Comble de malignité, même joué à l'envers, le message nécessite l'appui de sous-titres pour qui ne maîtrise pas l'anglais retourné. Par exemple, j'ai vu de mes propres oreilles tout le clip vidéo incriminé à rebours : je n'aurais rien compris sans les sous-titres. A la première écoute, on aurait tôt fait d'entendre du sumérien avec un fort accent mauresque. C'est dire si ces gens sont prêts à tout pour dissimuler leurs méfaits !

J'ai eu du mal à croire que Britney Spears ait pu démarrer sa carrière en clamant "donnez moi un garçon, couche avec moi je ne suis pas trop jeune". J'ai pourtant vu et revu son clip vidéo : ses poses lascives en tenue d'écolière avec flou sensuel et nombril apparent ne m'avaient jamais rien fait soupçonner de la sorte ! Je comprends à présent pourquoi j'ai pensé à certaines occasions "tiens, elle est mignonne, cette Britney. C'est dommage, ce prénom ridicule." J'étais loin de me douter que cette pensée était implantée artificiellement dans mon inconscient à coups de subliminal ! C'est monstrueux ! Vous imagineriez que Madonna, dans sa chanson "Give it to me", nous infecte de messages "couche avec moi, je ne suis pas trop vieille" ? Ou que Michael Jackson, dans la chanson "black or white", distille le message "couche avec moi, je ne suis pas trop noir" ? Ce serait insensé !

On peut tout de même dire à la décharge de la jeune chanteuse qu'elle a montré une certaine retenue dans la débauche. Quitte à faire dans le confidentiel, j'en aurais profité pour être un peu cru. J'aurais dit... je sais pas... "baise-moi", "prends-moi comme une chienne" ou d'autres choses pires qui ne me viennent pas à l'esprit. Tenez, par exemple... mais je m'égare. Je voulais simplement souligner que je l'aime quand même, Britney, parce qu'elle est comme ça, elle a l'excès mesuré.

Mais, j'en conviens, ce n'est pas une raison ! Méfions-nous des variétés ! Je tenais à vous prévenir. S'il vous vient de mauvaises pensées en écoutant des chansons, vous saurez que ce n'est pas de votre faute : c'est à cause du subliminal. Essayez de vous purifier avec de la musique classique de temps en temps. En plus, le classique, ça coûte que dalle, encore moins cher qu'une sonnerie de téléphone à la mode. Et surtout informez-vous.



(*) Films à l'appui.
(**) "En deça du seuil de la conscience". L'une de mes connaissances m'a dit un jour en écoutant un morceau de je ne sais plus quel artiste ou groupe : "oh, c'est plein de subliminal, ça". Il existe donc des gens capables de détecter le subliminal à l'oreille nue.
Par Impromptu - Publié dans : Des avis
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