Un roman de Boris Bergman, que j'ai tiré (presque) au hasard d'une caisse de livres d'occasion. Le titre me plaisait, ainsi que la description sur la quatrième de couverture.
C'est l'histoire de Konfucius, surnommé Konfus, graffeur et un peu philosophe. Le graffeur est celui qui écrit des petites phrases à différents endroits qui ne sont pas au départ prévu pour cet emploi, comme des portes ou murs de toilettes. D'autres font des dessins, mais là il s'agit d'un graffeur texte. Il faut dire que le texte, c'est plus facile à mettre en page dans un roman.
Ce livre est une collection de tout petits chapitres, parfois entrecoupés de listes de phrases. Il arrive que le lien d'un chapitre à un autre n'est pas offert sur un plateau : faut chercher. Notez que le personnage voyage dans le temps, dans l'espace et les dimensions, ce qui lui fait rencontrer des personnages et événements sans cohérence historique. Comme dans Alexandre Dumas, sauf qu'ici c'est fait exprès. Le texte est très riche, il est chargé de jeux de mots, clins d'oeil, références, petites trouvailles, à chaque phrase. Je n'exagère pas avec "chaque phrase". La plupart sont très amusants, souvent fins aussi. J'ai beaucoup aimé. Quant aux graffitis, dont certains sont à connotation (juste connotation), voici une petite sélection :
"Celui qui vend la peau de l'ours en demande un bon prix... Celui qui l'a tué s'est fait baiser la gueule."
"A soquettes blanches, queue-de-cheval."
"Celui qui a dit que le crime ne paie pas est un assassin qui s'est fait avoir."
"Celle qui prend son pied sans prendre ton coeur finira par prendre ton coeur sans prendre son pied."
"J'aimerais que tu me la gardes mobile."
"Mieux vaux se tirer un trait que de vivre en pointillés."
J'ai arrêté à la page 64. Trop riche, ça prend la tête au bout d'un moment. J'ai du mal à suivre une histoire décousue en m'arrêtant à chaque phrase pour chercher le bon mot.
Ca ressemble à un dictionnaire de citations !
PS : Je viens de voir le film Da Vinci code (je n'avais pas lu le livre) donc pas de problème pour le code...
PS: ce code ne vaut pas la peine que l'on s'y attarde.