Dimanche 20 avril 2008
Mes amis, nous avons un problème. La technologie, sous ses innombrables bienfaits, a dissimulé un effet pervers que nous n'aurions jamais pu soupçonner. Aujourd'hui, nous nous alarmons de ce qui se passe avec tous ces mondes virtuels qui percent un peu partout, et absorbent nos contemporains à tout propos. Nos enfants s'y plongent, nos femmes les suivent, jusqu'à nos employés de bureau dont les lunettes ne reflètent plus que les décors 3D de leur univers refuge.

Il est temps de s'en inquiéter. A nouveau péril de société nouveaux remèdes impitoyables. Il faut rejeter ces nouveaux mondes virtuels qui ne sont qu'illusion, rêverie, tissus de mensonges qui ramollissent le cerveau, qui ne servent que la fuite et, au bout du compte, créent une dépendance bien malsaine. Nous savons aujourd'hui que les gens qui s'y adonnent perdent leur équilibre et n'ont aucun avenir.

Nous sommes bien entendu démunis face à cette situation car nous n'avons encore jamais rencontré chose semblable que ces simulations rendues possible par la haute technologie.

D'aucuns pourraient établir un parallèle avec les jeux de rôle d'il y a trente ans, sous prétexte que nous avions établi qu'il faut rejeter ces jeux de rôle qui ne sont qu'illusion, rêverie, tissus de mensonges qui ramollissent le cerveau, qui ne servent que la fuite et, au bout du compte, créent une dépendance bien malsaine. Nous savions alors que les gens qui s'y adonnaient perdaient leur équilibre et n'avaient aucun avenir. Mais finalement ça s'est bien passé, alors qu'ici, la situation est grave.

D'aucuns pourraient établir un parallèle avec la science-fiction d'il y a soixante ans, sous prétexte que nous avions établi qu'il faut rejeter cette science-fiction qui n'est qu'illusion, rêverie, tissus de mensonges qui ramollissent le cerveau, qui ne sert que la fuite et, au bout du compte, crée une dépendance bien malsaine. Nous savions alors que les gens qui s'y adonnaient perdaient leur équilibre et n'avaient aucun avenir. Mais finalement ça allait, alors qu'ici, la situation est grave.

Heureusement, un auteur courageux vient de publier un ouvrage salutaire, dont les bienfaits s'étendront sur les siècles à venir. En effet, il a selon moi adopté la meilleure approche en la matière : d'une part professer l'interdiction des mondes virtuels et d'autre part traiter leur usage par la dérision.

Peut-être que votre libraire de proximité le présente déjà en son étalage. Le livre s'appelle "L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche", écrit par un courageux Miguel de Cervantes Saavedra. Il prend l'exemple de mondes virtuels centrés sur le Moyen Age, et en particulier traitant de chevalerie, et a été publié tout récemment, en 1605. Vous y trouverez, en sus de paraboles élégamment tournées, des dissertations édifiantes sur le mal que représentent les mondes virtuels ainsi que sur la véritable mission des arts du divertissement. Cet ouvrage est souvent résumé par l'un de ses personnages, Don Quichotte, présenté à tort comme un vieillard alors qu'en le texte il est d'âge mûr, et plutôt vigoureux, tout employé à un combat à la lance contre un moulin, lequel combat ne représente qu'une infime partie de ce que l'on peut trouver en l'oeuvre (et je n'en n'ai lu que la première des deux moitiés).

Je vous recommande tout de même de le parcourir vous-même avant que le baillez à votre descendance, car le passé guerrier de l'auteur transparaît largement dans le propos. Le personnage principal se fait entre autres arracher une moitié d'oreille, déloger les dents du fond par voie de cailloux, rompre toutes les côtes et molester considérablement tout en rendant la pareille, et une échauffourée joviale ne se passe pas sans que le sang ne jaillisse hors la bouche. De plus, il manque à l'oeuvre une conception manichéenne du Bien et du Mal qui est pourtant si salutaire à nos jeunes esprits.

N'empèche, ce livre est à consulter, et à re-consulter si vous n'avez compris en première lecture ce qu'il en faut de cette nouvelle menace. Pour un monde plus réel.
par Impromptu publié dans : Des livres
ajouter un commentaire commentaires (2)   

Commentaires

Promis, mais avant faut que je termine Marcel Aymé. Avec un y.
commentaire n° : 1 posté par : Jacotte (site web) le: 20/04/2008 19:35:31

Tout... tout terminer ?


réponse de : Impromptu (site web) le: 26/04/2008 14:25:01
Il est né le 22 septembre 1547 et mort le même jour que Shakespeare (le 16 avril 1616)
Les deux plus grands écrivains sont donc morts le même jour.
Quant au "jour" de sa naissance, je le revendique aussi.
Etonnant, non ?
commentaire n° : 2 posté par : Oncle Dan (site web) le: 22/04/2008 22:34:20

Si j'ai bien compris, tu es très très vieux.


réponse de : Impromptu (site web) le: 26/04/2008 14:25:49
 
blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus