Dimanche 29 avril 2007

Le début.


Si l'on considère les choses objectivement, il est particulièrement malaisé au début du chapitre 20 de faire la différence entre le début des commandements et simplement Dieu qui parle à Moïse. En effet, et vous jugerez par vous-même, les trois premiers correspondent point pour point à ce qu'Il lui serine depuis au moins le Buisson Ardent, et ce plusieurs fois par conversations, dans une grande diversité de tons, parfois en accompagnant ses propos de grandes démonstrations météorologiques (pour leur donner plus de poids, certainement).

1. "Je suis l'Eternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude. Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face".
Rappelons ici que par essence, la face de Dieu est partout. Par conséquent, avoir d'autres dieux, faut jamais le faire. Nulle part.

2. "Tu ne feras point d'image taillée, ni aucune ressemblance de ce qui est dans les cieux en haut, et de ce qui est sur la terre en bas, et de ce qui est dans les eaux au dessous de la terre. Tu ne t'inclineras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui visite l'iniquité des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième [génération] de ceux qui me haïssent, et qui use de bonté envers des milliers de ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements."
Notons ici le terme "commandements", qui n'indique pourtant pas clairement si on fait seulement référence à des préceptes posés ailleurs ou si l'on est dedans. Cette partie fait aussi référence aux religions qui consistent à adorer un quelconque objet naturel existant. Cela exclut, semble-t-il, les êtres imaginaires tels que par exemple les dieux de la Grèce Antique ou ceux de la mythologie scandinave.

3. "Tu ne prendras point le nom de l'Eternel, ton Dieu, en vain; car l'Eternel ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris son nom en vain."

Il est bien entendu qu'il faut considérer ces trois premiers commandements dans le contexte religieux de l'époque. L'homme voyageait peu, ou pas loin, ou alors pas vite, ou il sentait pas bon. Il n'avait pas encore conscience de l'immense diversité des croyances, et n'était même pas encore familier avec les gens qui ne croyait en rien. De nos jours, tout le monde est bien conscient du respect et de la tolérance que chacun se doit d'éprouver dès lors qu'il est question d'orientation confessionnelle. C'est pourquoi une interprétation moderne de ce démarrage, un poil insistant, serait que bon, d'accord, mais ça dépend de la religion qu'on a. C'est bien quand on croit en ce Dieu-là, sinon ça dépend.
Il faut tout de même reconnaître que du point de vue religieux, la Bible est un texte plutôt orienté. Je pourrais vous citer plein de passages, mais on a dit qu'on ferait court.

4. "Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier. Six jours tu travailleras, et tu feras toute ton oeuvre ; mais le septième jour est le sabbat [consacré] à l'Eternel, ton Dieu : tu ne feras aucune oeuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, [ni] ton serviteur, ni ta servante, ni ta bête, ni ton étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l'Eternel a fait les cieux, et la terre, la mer, et tout ce qui est en eux, et il s'est reposé le septième jour ; c'est pourquoi l'Eternel a béni le jour du sabbat, et l'a sanctifié."

On a suffisamment insisté sur la présence bénie d'un commandement sur les congés, ce qui est parfaitement en accord avec l'évolution de la société, pour que j'aie besoin d'ajouter quoi que ce soit. De nombreux syndicats joignent leurs voix à la mienne pour appeler de leurs voeux une interprétation qui permettrait d'ajouter à ce septième jour un petit bout du sixième, ou du premier de la semaine suivante, afin de ne pas se retrouver chaque fois dans les embouteillages quand on revient de chez belle-maman. Précisons tout de même qu'aujourd'hui, dans la plupart des applications, ce septième jour peut être placé n'importe où dans la semaine. Je trouve cela plutôt positif. Lorsque je me rends aux urgences avec un doigt en moins le dimanche, j'aime bien quand il y a des gens là-bas qui m'aident. Cela me conforte dans l'idée que je peux me couper un doigt quand je veux.
Je n'ai pas cherché plus loin dans le chapitre l'éventuelle punition infligée à l'étranger dans les portes qui contreviendrait. Il sera probablement soit lapidé comme la bête (mais non mangé), soit ôté d'un oeil comme le serviteur.

5. "Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre que l'Eternel, ton Dieu, te donne."

Je suis plutôt d'accord avec le principe, quoique la relation de cause à effet, signalée par "afin que", n'ait pas toujours fait ses preuves. J'ai le souvenir très précis d'un être qui a en tout point honoré ses parents et pour qui le "afin que" n'a réservé que longues souffrances, agonie et extinction avant d'avoir seulement pu prononcer "papa". Cela n'encourage certes pas l'adhésion aux trois premiers points.

6. "Tu ne tueras point."

Court, efficace, facile à comprendre, et semble-t-il destiné à être d'actualité tant qu'il y aura des hommes.

7. "Tu ne comettras point adultère."

Simple également dans la formulation. Cependant, là où "tuer" a gardé son caractère exhaustif, "adultère" a perdu une grande part de sa couverture puisque ce terme fait strictement référence au mariage, qui est aujourd'hui devenu un type plutôt marginal de relation de couple. Ce commandement est bien trop lié au contexte historique pour que l'on puisse vraiment le prendre au sérieux.

8. "Tu ne déroberas point."

Comme le meurtre, le vol est condamné. Ce qui est bien. C'est grâce à ce genre de principe que je peux laisser ouvert chez moi quand je vais acheter des bières et du Schweppes chez l'épicier plus bas dans la rue (qui malheureusement est fermé le dimanche). J'ai tout de même constaté plusieurs entorses et je ne laisse plus traîner de biquet dans ma voiture.

9. "Tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain."

Là aussi, je suis assez d'accord avec le principe. Dans les faits, ce précepte est malheureusement inapplicable comme l'ont démontré de nombreuses études sur la déformation de la mémoire de faits chez les témoins, pourtant de bonne foi (et de confessions diverses).

par Impromptu publié dans : Des avis
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Commentaires

Merci pour la piqure de rappel, ça faisait longtemps que je n'avais pas ouvert le livre.

Mais pourquoi prendre la voiture pour acheter des bières en bas de la rue, et pourquoi de surcroît y emmener les biquets, si c'est pour devoir les sortir tant bien que mal de la voiture pour entrer chez l'épicier ?

commentaire n° : 1 posté par : clairon (site web) le: 30/04/2007 08:46:33
Ce sont des pièces du puzzle de ma vie de tous les jours. Je vais chez l'épicier à pieds, mais je ne fume jamais dans l'épicerie. Je me ferais sortir à coups de pompe dans le train.
réponse de : Impromptu (site web) le: 01/05/2007 10:43:49

Quel train ?

commentaire n° : 2 posté par : clairon (site web) le: 02/05/2007 08:38:01

C'est assez personnel...

 

Très joli train d'après ce qu'on m'a dit.

réponse de : Impromptu (site web) le: 13/05/2007 20:09:27

Je ne suis pas sûr que l'on conserve encore bien longtemps la liberté de se couper un doigt quand on veut... L'avenir le dira...

commentaire n° : 3 posté par : Oncle Dan (site web) le: 11/05/2007 12:13:20

Il y aura probablement un conflit entre la valeur travail et la liberté de mettre un doigt sous la presse.

réponse de : Impromptu (site web) le: 13/05/2007 20:10:38

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