Samedi 10 mars 2007
Une histoire inspirée par la consigne du moment sur Paroles Plurielles : quelque chose de secret se passe derrière ces murs.
PhotoCoumarine2.jpg
Je n'ai pas participé parce que je n'ai pu satisfaire ni à l'incipit ni à la limite de taille. Ce n'est néanmoins pas une raison de ne pas se faire plaisir.



Ils se tenaient sur le trottoir, face à la porte, l'un à côté de l'autre, plongés dans leur espace privé respectif. On pouvait le dire, Luc et Sophie étaient contents, sauf Luc.

-- Elle est superbe avec ses volets bleu ciel, finit par dire Sophie pour meubler.
-- Un ciel de cette couleur-là me ferait peur, répondit Luc.
-- Enfin, chéri, nous sommes propriétaires, à présent ! Nous avons notre adresse à nous. Dans le Lubéron ! A Lacoste, en plus, reconnais que ça en impose. Nous ne serons plus mal à l'aise quand tout le monde parle de sa maison.
-- Cette maison n'est qu'une façade, dit Luc en haussant le ton. Tu sais parfaitement ce que j'en pense. Je voulais qu'on attende de trouver quelque chose de vrai. Pas ce... truc.
-- Voyons, chéri, tout est parfait ! La verdure autour de la porte, les rideaux légers qui voilent notre vie privée avec élégance, une jolie corniche artisanale assortie aux volets. Il n'y a plus qu'à faire les photos pour envoyer à tout le monde. Tu ne veux décidément pas voir le bon côté des choses ?
-- Le bon côté des choses ? s'écria Luc en fouillant dans sa poche. Ok, examinons les deux côtés alors.

De plus en plus irrité, Luc ne parvint pas à débloquer la serrure du premier coup. Finalement, la porte d'entrée s'ouvrit et il pénétra dans une petite cour intérieure en friche encerclée de hauts murs de moellons du pays. Il se retourna. Il cria presque.

-- C'est ça ton bon côté, Sophie ?

Luc désignait l'envers du mur qui comportait, recouvrant les fenêtres, des planches d'aggloméré. Le soleil baignait la scène sans discernement.

-- Tu veux peut-être que je fabrique un modèle réduit de cuisine en carton pour que tu puisses la prendre en photo ?
-- S'il te plaît, calme toi Luc, je ne sais pas ce qu'il te prend à être énervé comme ça, tempéra Sophie en le rejoignant après avoir fermé la porte derrière elle. Tu sais bien qu'on n'a pas les moyens d'avoir une maison complète. Mais là, on est de vrais propriétaires, avec notre propre pas de rue ! Regarde comme la boîte aux lettres est jolie. Il faudra qu'on pense à mettre une caisse étanche derrière, pour que le courrier ne s'abîme pas avec la pluie.
-- Mais... mais tu... Mais comment tu fais !? Comment tu fais pour trouver des trucs pareils ? Personne ne trouve des trucs pareils ! Déjà il y a deux ans, quand on avait besoin d'une voiture, tu t'es débrouillée pour dénicher une carrosserie sans moteur pour la laisser au pied du HLM. "Pour que les voisins arrêtent de nous snobber", mima Luc avec une voix de fausset.
-- Moins fort, s'il te plaît, je ne veux pas que les voisins soient au courant de notre vie privée.
-- Ouais, on aura peut-être l'impression qu'ils voient à travers les murs comme s'ils n'existaient pas.
-- Oh, Luc, on en a déjà parlé. Je vais finir par croire que tu as accepté uniquement pour que j'arrête d'insister. Cela arrive très souvent qu'une municipalité doive faire raser un bâtiment pour insalubrité et garde la façade pour des raisons esthétiques. C'est mieux pour le patrimoine. Tiens, vois ça plutôt de cette façon : nous sommes là pour entretenir le patrimoine. C'est une grande responsabilité, tu sais.
-- Si encore on pouvait y mettre le camping-car de papa, mais on ne va pas essayer de le faire passer par la porte, quand même !
-- On pourra le mettre dans les environs, c'est plein d'endroits discrets. Et ici on montera la tente. Rends-toi compte, chéri. C'est un grand début vers le vrai standing. J'en connais qui vont être vertes de jalousie.
-- On n'a même pas le droit de construire ici, se lamenta Luc qui commençait à baisser les bras.
-- Non, mais on peut planter des légumes ! Dès qu'on aura enlevé les gravats. Qui sait, peut-être qu'en creusant on trouvera des fondations avec une sorte de trésor.
-- Oui, ben compte pas sur moi pour émietter le béton au cas où un maçon y aurait fait tomber de la monnaie il y a trente ans. Vraiment Sophie, tout ça c'est pas... c'est trop... Je sais pas.

Luc était à présent complètement abattu. Il creusa un moment dans le gravier mélangé à la terre avec son pied.

-- Luc, voyons, lui dit Sophie d'une voix réconfortante. Ce n'est pas si grave. Viens, on retourne dehors et je te fais un petit plat ce soir.
-- On est déjà dehors, répondit Luc sans grande conviction. Bah, c'est fait, c'est fait. Parfois, ça me fait peur, c'est tout.
-- Peur de quoi ?
-- Je ne sais pas ce que tu vas trouver quand on aura décidé d'avoir un enfant.
par Impromptu publié dans : Des histoires
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Jeudi 8 mars 2007
Surprise ! Ouais, je suis rentré directement du boulot pour une fois. Dépèche-toi de préparer, alors. On a une longue soirée devant nous, jusqu'à minuit.
Ben ouais. Je n'y ai pas du tout pensé mais j'entends partout que c'est ta fête. Une fois par an, c'est ça ? Alors je vais bien m'occuper de toi, tu vas voir.

Et crois moi, t'auras pas trop d'un an pour t'en remettre.
par Impromptu publié dans : Des histoires
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Samedi 3 mars 2007
Il paraît que dans quelques mois sortiront des supports mémoire, pour données informatisées, de capacité dix, cinquante, voire cent vingt-trois fois supérieure à nos 700 Mo habituels pour un CD-Rom traditionnel. Enfin, traditionnel... on se comprend. Il ne l'était certes pas quand j'étais enfant. Cette nouvelle me mine. Je n'en peux plus.

Je vais me permettre d'évoquer mon passé personnel à moi, et mon vécu à moi aussi, tout ça, même si ça doit en gonfler plus d'un(e) car après tout, on n'écrit pas un blog pour raconter sa vie. Cette fois je dérogerai à l'usage.

Quand j'étais petit, j'écrivais sur du papier. Je remplissais de petits cahiers, et aussi des feuilles format A4 et regardais, émerveillé, défiler un nombre de pages toujours croissant. La simple quantité de matière m'impressionnait. Je me suis promis de remplir ainsi une haute pile de cahiers.

Plus tard, je me suis essayé à la machine à écrire. Cet appareil avait l'avantage de tenir mon voisin du dessous au courant de mes habitudes rédactionnelles. La technique d'effaçage d'erreurs, je me rappelle, était extrèmement délicate et nécessitait un savoir-faire particulier. Je n'ai pas ajouté beaucoup de feuilles à mes piles de cette façon.

Plus tard, j'ai commencé à utiliser l'ordinateur, pour (entre autres) écrire. Mes cahiers, pas si nombreux, furent abandonnés au profit des disquettes. Ah ! les disquettes magnétiques de je ne sais plus combien de pouces et demi... En "double ou haute densité", elles avaient une capacité de 1,4 Mo. Je me suis promis de remplir ainsi une haute pile de disquettes. Seulement, une disquette peut engranger, en fichiers texte, l'équivalent de plusieurs cahiers. J'ai mis bien du temps avant d'en remplir quelques unes. Cela faisait une petite pile, mais c'était bien moins impressionnant que le papier.

Plus tard sont apparus les CD-Rom. J'ai écrit bien des choses, mais l'ensemble ne parvient même pas à remplir le quart d'un seul vulgaire CD-Rom. D'autant plus que ce sont des fichiers au format texte simple, constitués sur un éditeur de texte rudimentaire (sans correcteur orthographique ni rien d'exotique), pas des fichiers "Word" volumineux. Je me disais que dans quelque temps, si je travaillais bien, j'en comblerais un. Un jour.

Voilà que la nouvelle vague est annoncée, et tout tombe par terre. Franchement, je ne crois pas avoir assez de plusieurs vies pour remplir un seul de ces futurs supports de sauvegarde. Je ne suis ni Dumas, ni Balzac. Vraiment, ces truc qu'on nous invente ne sont pas faits pour des gens qui écrivent des textes. Toute cette place vide, qui réduit la production de nombreuses années à un misérable centième de volume, fait porter le ridicule à toute personne qui ne fabrique que des suites de mots. Je me sentais déjà bête avec mon bout de CD-Rom, qu'est-ce que ça va être bientôt ?

Je pense que les écrivains seront bientôt obsolètes, ils devront se recycler dans le dessin ou la musique ou le cinéma. Ce sera le seul moyen pour eux de n'être pas noyé dans les nouvelles capacités de sauvegarde. Ou revenir au papier comme au bon vieux temps où je poussais la mine. Malheureusement, j'en serais incapable. Trop tard. Je suis formaté au copier-coller.
par Impromptu publié dans : Des avis
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Mardi 27 février 2007
Il y a quelques jours (le 24 février, vulg.), c'était le premier anniversaire de ce blog. Mais personne n'a rien dit, je vois que les usages se perdent.

Je ne vous referai pas le coup des systèmes qui s'auto-alimentent, je l'ai déjà fait ici.

Histoire de marquer l'événement, je vous mets tout de même un lien vers le deuxième tout premier article de ce blog.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Dimanche 25 février 2007
J'ai trouvé dans "La chandelle verte" d'Alfred Jarry, entre bien d'autres choses, un passage qui me parle. L'auteur fait référence à la parade nuptiale de la reine des abeilles :

"... la reine revient de zéniths ensoleillés et inaccessibles, rapportant à son flanc, comme un trophée, le sexe du mâle empenné de toute la banderolle de ses entrailles d'amant donné tout entier."

On peut imaginer l'amant de retour, se traînant consciencieusement, solliciter audience auprès de sa maitresse d'un vol, mais le vol d'une vie :
- Est-ce que ce serait possible de... sauf votre respect, Votre Majesté,... est-ce que vous pourriez me rendre mes boyaux ? S'il vous plaît.

On peut, mais ce ne serait pas possible. Car nous le savons, et en dépit de l'expression "rendre tripes et boyaux" qui s'applique à d'autre vécu, les boyaux s'arrachent, se donnent ou, comme la garde, meurent, mais ne se rendent pas.
par Impromptu publié dans : Des avis
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Vendredi 23 février 2007
Quelqu'un (qui se reconnaîtra) remarquait publiquement que les "musiques du monde" faisaient de plus en plus d'adeptes. Par "musiques du monde", entendez "musiques traditionnelles", "musiques ethniques" ou toute autre appellation exotique. A travers ces musiques, des peuples lointains nous font partager leurs traditions. Nous leur en sommes reconnaissants : nous nous efforçons de partager avec eux les notres.

Prenez l'Afrique noire. Par petits bouts, parce que c'est grand. Beaucoup de choses sont grandes, là-bas. D'abord, ils ont de grandes familles. Très grandes. Alors on leur a tracé des frontières bien droites qui ont coupé les familles pour leur expliquer que pour nous, une famille, ça doit être plus petit. Avouez que l'on n'aurait pas pu faire mieux. On a fait ça sur des milliers de kilomètres, à travers tout le continent. Et puis en cela nous avons également partagé avec eux notre conception de la conscience nationale. Je crois que ça a bien pris, dans l'ensemble. Tout cela, c'était il y a longtemps, je le mentionne uniquement pour montrer que très tôt nous avons cherché à partager nos coutumes.

En Afrique noire, la musique est comme le langage, tel ou tel rythme fait partie de la culture. Les musiciens sont valorisés pour leur talent, qui est l'interprétation d'une musique issue de la mémoire collective. Nous dirions que les airs joués sont passés dans le domaine public il y a longtemps, des siècles parfois. Mais en réalité, cela va beaucoup plus loin : pour la musique traditionnelle, il n'existe même pas chez eux de propriété intellectuelle ! Vous vous rendez compte de la différence ? Franchement, je ne sais pas comment ils peuvent s'en sortir sans cela. Comment leur faire voir tout l'intérêt d'une notion aussi fondamentale pour les droits de l'homme que la propriété intellectuelle ? Pour cela, il nous a fallu en démontrer les avantages par l'exemple.

Imaginons un artiste qui passe plusieurs années dans certains pays d'Afrique. Allons plus loin, imaginons qu'il y passe presque toute son enfance. Appelons-le Johnny C. pour plus de confort. Il est blanc, mais il entre néanmoins en communion avec la culture locale, il se plaît à fréquenter les villages, les communautés, il danse avec les africains durant les fêtes. Puisqu'il est artiste, comme nous l'avons dit, il commence à maîtriser un ou plusieurs instruments et, amoureux des sons de sa terre d'adoption, il les reproduit, s'en imprègne. Par ailleurs il défend le peuple dont il partage le quotidien chaque fois qu'il en a l'occasion. Et puis Johnny C. retourne dans le nord. Là, il exerce enfin son métier avec tous les avantages que notre civilisation lui procure. Il joue et chante les mélodies traditionnelles qui ont beau être du domaine public là-bas, elles ne le sont pas chez nous.

Les éléments sont en place, la leçon peut être dispensée. L'africain qui s'en vient alors chez nous avec ses talents d'interprétation, et qui joue brillamment un morceau avec lequel il a grandi, lui conférant toute son âme, ce qui n'est pas peu dire, se voit fort justement poursuivi pour plagiat. Il est bien obligé alors de voir tout l'intérêt de notre système qui attribue à l'artiste non seulement l'interprétation mais la mélodie elle-même, apportant de substantielles rémunérations dérivées non seulement à lui mais aussi à toute une collection d'intermédiaires, en particulier producteurs et distributeurs. Le système a fait ses preuves, les gens sont content. C'est un bon système, qui mérite d'être étayé activement.

Il est parfois reproché à notre Johnny C., qui a enregistré son oeuvre dans les règles, d'être le véritable plagiaire. Cette vile accusation ne tient pas une seule seconde : que l'on dévoile le nom de la personne qui a inventé la mélodie, que l'on produise les preuves d'antériorité, les enregistrements, les contrats. Rien ? Personne ? Bien sûr, comment pourait-il en être autrement dans un pays qui ne dispose pas de toutes nos bonnes règles. De plus, c'est bien injuste d'ainsi fustiger notre artiste qui n'éprouve qu'amour pour sa musique et le peuple qu'elle représente. On ne va tout de même pas lui reprocher de partager avec ces gens ce que nous avons de meilleur.

La prochaine étape dans le partage, nous la voyons tous. Des Johnny C., nous en avons en suffisance, nous apportant chacune des facettes de la tradition musicale de tous les peuples possibles. Il ne reste plus à Johnny C. qu'à envoyer ses émissaires (ou ceux de sa maison de disques) sur place afin de régenter, en Afrique noire, l'expression de la culture de façon juste et équitable. Il ne nous reste plus qu'à traquer, jusque dans la communauté la plus reculée, toute interprétation des mélodies par nous protégées. Il ne nous reste plus qu'à assurer une présence lors des fêtes de villes et de villages pour que la musique du monde puisse se jouer enfin dans les règles. C'est bien entendu l'une des conditions, et de nos responsabilités, pour que le monde n'ait qu'un seul peuple.

Vous l'avez compris, il ne s'agit pas de mettre tout les contrevenants en prison. Les faire payer suffirait. Après tout, il est temps que le tiers monde, entre autres, apporte sa contribution.
par Impromptu publié dans : Des avis
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Dimanche 18 février 2007
Je viens d'apprendre que l'on a découvert le mécanisme responsable de la tolérance à la morphine. Vous savez que la morphine rend tolérant. C'est Bien d'être tolérant, mais il paraît qu'avec la morphine, c'est Mieux de rester ferme. Cette tolérance oblige à prendre des doses de morphine de plus en plus importantes, et beaucoup de gens voient cela d'un mauvais oeil. Pourtant je m'en porte très bien. Il est vrai qu'aujourd'hui, pour me sentir bien dans ma peau, ou hors de ma peau selon la qualité du produit, je suis obligé de mettre de la morphine au lieu du lait pour baigner mes céréales, mais ce n'est pas plus terrible que ça. Mon avocat est toujours un peu nerveux quand j'en parle, j'ignore pourquoi, mais ici nous sommes entre nous.

Donc, l'accoutumance est due à l'action de la morphine sur un produit qui produit l'accoutumance. On a identifié l'identité du produit. Cela permettra à terme de résoudre la solution. Oui, ma formulation est redondante, mais on est en pleine vulgarisation, il faut que tout le monde comprenne bien. Comme vous l'avez deviné, la prochaine étape est de créer le médicament qui agira sur le produit afin qu'il n'influe pas sur la tolérance lorsque l'on est traité à la morphine. Bien entendu, si le produit en question a d'autres influences, essentielles à la santé, il faudra créer un autre médicament qui contrecarre l'éventuelle carence ou modification du produit. Par conséquent, il faudra bien prendre tous les médicaments, dans l'ordre approprié pour régler les effets au plus précis. Bientôt nous aurons la combinaison gagnante, comme pour les verrues plantaires. Ah, vous ne connaissez pas la combinaison gagnante de la verrue plantaire ? Je vous décris.

Contre les verrues, il existe maintenant un médicament infaillible, qui vous en débarrasse en moins de deux semaines. Trois maximum. Quatre dans les cas extrêmes. Voire cinq, mais c'est mon dernier mot. Les verrues ne reviennent plus jamais. L'ennui c'est que cette molécule a un effet secondaire indésirable : elle a tendance à congestionner les vaisseaux sanguins qui irriguent le foie. Par conséquent, en même temps, il faut prendre un autre médicament si l'on ne veut pas perdre son foie. C'est important, le foie, dans la vie. Ce médicament qui sert à conserver son foie est assez mal, voire pas du tout, toléré par les reins. Ainsi, l'on prescrit en même temps un médicament qui dope les fonctions du rein, mais qui malheureusement augmente le rythme cardiaque. On ne peut pas administrer dans ce cas un régulateur de fréquence cardiaque, bétabloquant ou autre, à cause d'une incompatibilité dangereuse avec le médicament pour le foie (cela peut occasionner un coma, qui risque de troubler les activités quotidiennes du patient), donc on administre un médicament qui réduit la capacité d'oxygénation du sang. Ce dernier médicament produit très souvent, au niveau des jambes, une toute nouvelle sorte de gangrène, appelée "gangrène médicamenteuse" ou "gangrène propre". Généralement, on est obligé d'amputer les jambes un peu au dessus du genou parce que l'odeur est très incommodante. Il n'y a pas de risque de mort comme dans les autres gangrènes, c'est très contrôlé. En fin d'opération, on peut parfaitement voir sur le membre amputé l'absence totale de verrue. Le patient est guéri.

Je suis curieux de découvrir la combinaison "morphine", de nouveaux exploits pharmaceutiques sont à prévoir.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
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Vendredi 16 février 2007
Un article d'une revue de vulgarisation neuro-scientifique m'a bouleversé. C'est trop important pour que je garde cela pour moi, je vous fais partager.

L'article commence par nous confronter à un fait indéniable : si l'on nous présente une silhouette de chameau, coloriée en beige, nous ne tarderons pas à reconnaître la forme d'un chameau. La question que nous nous posons tous est : pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? Pardon, je m'emporte. Pourquoi pensons nous à un chameau et pas à une collection de formes sans signification les unes collées aux autres, avec à côté la couleur "beige" ? Parce que, mes amis, nous avons tous (ou presque) un cortex cérébral à plusieurs couches, et que chaque couche intègre les informations de la couche du dessus. Nous pensons en six couches. Mais la plupart du temps, nous ne nous en rendons même pas compte, parce que le cerveau n'est pas très apte à se penser lui-même.

Reprenons depuis le début. Couleurs et formes sont traitées séparément, de façon décomposée, dans les couches extérieures du cortex, et le tout est rassemblé, intégré est le terme exact, dans les couches intérieures. L'article parle du cortex en général, mais tout le monde aura deviné qu'il s'agit du cortex occipital puisqu'il est question d'informations visuelles (aussi appelé "cortex de derrière la tête").

Comme l'explique ma revue, plus on descend dans les couches, plus les neurones intègrent de l'information complexe. Ainsi, un neurone de la sixième couche reçoit l'intégration de l'information de nombreux autres neurones plus "basiques". Il existerait ainsi un neurone spécifique qui réagirait immédiatement à la vue de tout ce qui ressemblerait à un chameau. La nouveauté n'est pas la question de l'intégration de l'information, on connaît l'existence de cellules pyramidales (un neurone "intégrateur"), par exemple, depuis au moins trente ans. Les théories "localisationnistes" que nous présentent cet article datent des années dix-neuf cent soixante, et des alternatives théoriques robustes sont proposées depuis pas mal de temps par le courant "connexionniste", motivées par le seul prétexte que ce que nous disent les localisationnistes "n'est pas possible" (je cite). Selon moi, ce n'est pas une raison valable, mais je ne tiens pas à entrer dans ce débat.

La nouveauté est que l'on parle à présent du neurone "chameau". Peut-être que ne vous mesurez pas la profondeur de cette révolution. Souvenez-vous. Lorsque l'intégration des traits visuels en une image globale signifiante a été scientifiquement décrite et étudiée, un neurone particulier est sorti du lot, et s'est retrouvé sous les projecteurs.
C'était en 1967.
C'était le "neurone grand-mère".

La science nous disait que quelque part, au plus profond de notre cerveau, se trouvait un neurone qui réagissait à l'image de notre grand mère. Avec ou sans lunettes, il transmettait pareil. Mais il n'était pas stimulé s'il s'agissait de grand-père, de maman ou de Tobby le teckel. C'était le neurone grand-mère, qui est devenu célèbre et présenté par tous les hémicycles. Quand j'ai appris cela il y a longtemps, je me suis senti plus riche. Vous comprenez, je n'avais jamais connu mes grand-mères, alors j'étais heureux d'en avoir au moins une dans le cortex, cachée dans le fond. Oui, mais laquelle ? Bah, aucune importance, je ne les connais pas de toutes façons.

Maintenant tout s'écroule. On m'apprend que ce n'était pas ma grand-mère mais un chameau. Comme je ne l'ai jamais connue, je ne m'étais apperçu de rien. N'empèche, ils pourraient amener ce genre de révélation avec plus de douceur dans ces revues vulgaires. Vulgarisatrices. Je vous le dis, mes amis, cet article va provoquer des drames. Les enfants vont manquer de respect à leurs aïeux et les vieilles dames vont sortir une énorme langue en faisant "bleblebleble".

J'écris de ce pas un courrier à cette revue pour faire retirer de toute urgence ce numéro des rayons.
par Impromptu publié dans : Des connaissances
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Jeudi 15 février 2007
Je lis occasionnellement le Canard Enchaîné. Il m'arrive même de payer pour ça. Il s'agit, pour nos amis peu français, d'un journal satirique hebdomadaire. Ce journal est très enraciné dans la culture française. Il a près de 100 ans. Les journalistes d'origine, morts de vieillesse, ont bien entendu été remplacés par d'autres journalistes satiriques.

Il y a un mois est paru un article relatant les succès en justice d'un magistrat. Accusé d'un forfait que le Canard avait rapporté dans ses colonnes, le personnage attaqua le journal pour "atteinte à la présomption d'innocence". En effet, l'accusé n'avait pas encore été jugé coupable. Le Canard avait bien entendu écrit l'histoire au conditionnel, mais un juge a considéré que ce conditionnel était visiblement ironique, et a donné raison au plaignant. Le Canard doit payer 37.000 euros. Seulement, il reste au journal à invoquer une clause spécifique à la presse qui devrait annuler cette décision.

J'ai vu dans cette affaire une occasion que je ne pouvais laisser passer. J'ai donc envoyé au Canard Enchaîné, vendredi 9 février, le mail suivant :



Cher Canard Enchaîné,

J'ai lu avec attention, dans votre numéro 4500 daté du 24 janvier 2007, l'article intitulé "Un magistrat gavé par ses pairs" écrit par le journaliste Louis-Marie HOREAU.

J'irai droit au but, si vous me l'autorisez. J'ai besoin d'un peu d'argent en ce moment, et me faire violer la présomption d'innocence à coups de conditionnels ironiques est une source de revenus que je ne peux me permettre d'ignorer. Je vous demande par conséquent de publier un article sur moi, chargé de contenu accablant, au conditionnel comme il se doit, pour lequel je vous attaquerai en justice pour atteinte à la présomption d'innocence. Je ne peux espérer atteindre le gain d'une personnalité importante, magistrat ou autre, mais je pense que 4850 euros serait un compromis raisonnable. Je compte sur vous pour formuler les choses de sorte que les "règles de prescription propres aux procès de presse" ne puissent s'appliquer, parce que ce détail de législation risque de me priver de tout l'intérêt que comporte cet arrangement.

Je suis conscient que l'article pourrait être douloureux pour moi, mais depuis que le service contentieux de ma banque a vivement molesté mon pouvoir d'achat, on peut dire que la voie est maintenant ouverte, rodée et bien moins sensible. Je me tiens bien entendu à votre disposition pour vous fournir les éléments nécessaires à la composition d'un bon article satirique sur la question.

J'espère que vous ne prendrez pas une action en justice de ma part comme un signe d'antipathie à votre égard car j'aime bien ce que vous faites.

Bien cordialement.



Je n'ai pas encore reçu de réponse. Qu'à cela ne tienne, je resterai à l'affût de leurs truc et astuces pour devenir (plus) riche.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Jeudi 8 février 2007
C'était juste pour dire que ce soir je ne vais pas publier d'article sur mon blog.

Comme hier, mais en mieux.
par Impromptu publié dans : Des avis
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