Samedi 15 avril 2006
Impétrant.

C'est un nom dérivant du verbe impétrer, qui vient du latin "impetrare" : arriver à ses fins, obtenir. Impétrer signifie obtenir un titre, un privilège, de l'autorité compétente suite à une requête. L'impétrant est le bénéficiaire. Ce mot est utilisé typiquement pour désigner une personne qui obtient un diplôme. On sent dans les définitions que ce mot a sa place dans un contexte administratif.

Pourtant j'ai rencontré un impétrant dans un tout autre cadre. Il en était question dans la description d'un vieux rite maçonnique de purification. Au début, j'ai pensé que l'autorité compétente en question était les sept anges majeurs, puisque ce rite faisait appel à eux. C'est ambitieux, il n'existe aucune autorité supérieure, excepté celle de Dieu, lequel ne doit jamais être sollicité. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la hiérarchie est loin d'être un sujet anecdotique au ciel, comme aux enfers.

Je me trompais. Impétrant est le terme utilisé pour désigner l'aspirant à l'une ou l'autre initiation dans les rangs maçonniques. Je crois que dans cette société, presque tout le monde est toujours sur le point d'être initié à quelque chose. Tiens, il faudrait que j'écrive une petite histoire là dessus. Bref, alors que le rite fait appel aux anges supérieurs pour qu'ils aident le praticien à être pur de corps et d'âme, les maçons considèrent qu'il ne fait pas cela pour sa propre pureté, mais uniquement pour monter dans la hiérarchie maçonnique, elle seule justifiant toute chose. D'où l'utilisation d'impétrant. Cela ne manque pas de prétention pour un ordre qui prône l'humilité.

Il est aussi question d'impétrant dans toute la procédure de baptème des étudiants afin d'entrer dans la Faluche (France), chez les Calotins (Luxembourg), pour l'obtention de la Calotte ou de la Penne (Belgique). Notons que cette procédure, stricte, riche et complète, est très similaire aux rites d'admission maçonniques. Grand Maître, degrés d'initiation, mise à la question, parrainage, tout ça. Ce n'est pas un hasard. Comme quoi, il est possible de s'amuser sérieusement, avec rigueur et culture (ceci dit pour les uns comme pour les autres).

J'arriverai bien à le placer quelque part. Impétrant, je veux dire. Impétrer, j'ai l'impression que ça ne se fait pas. Toujours est-il que les recherches sur ce mot m'en ont fait trouver quelques autres.
par Impromptu publié dans : Des mots
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Vendredi 14 avril 2006
Un patient observe son dentiste préparer sa seringue moyenâgeuse.

-- Vous n'avez pas la même chose en comprimés à croquer ?

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Certaines personnes ont dans la bouche l'équivalent (financier) de plusieurs voitures d'occasion, alors qu'ils n'ont même pas de garage. C'est bête, hein ?
par Impromptu publié dans : Des avis
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Jeudi 13 avril 2006
Il y a quelques années, quelqu'un m'a avoué, l'air de rien, qu'il n'aimait pas les pâtes. J'en suis encore bouleversé.

Il y a dans les pâtes tout ce qu'un organisme vivant puisse souhaiter pour vivre, évoluer, et même éprouver du plaisir à la consommation. Les pâtes sont l'une des briques fondamentales sur lesquelles l'humanité repose.

Tout de même... regardons les choses en face. Les premiers mammifères n'auraient jamais pu supplanter les dinosaures sans les pâtes. Le premier "homo sapiens" n'aurait pas pu voir le jour sans les pâtes. Comment les égyptiens auraient-ils pu faire construire leurs pyramides sans pâtes ? Et aujourd'hui, nous ne pourrions pas surfer sur internet si son inventeur n'avait jamais connu les pâtes.

Alors je ne conçois pas que qui que ce soit puisse écarter cet aliment essentiel, que dis-je ? fondamental, indispensable à toute vie qui se respecte, pour quelque raison que ce soit. En tout cas, moi, ma mère ne me l'aurait jamais permis.
par Impromptu publié dans : Des avis
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Mercredi 12 avril 2006
Un petit bout de dialogue issu d'un très ancien projet à l'abandon. Une histoire d'auto-stopeur. J'en ferai peut-être un jour une nouvelle.


-- Tu n'as pas de voiture ?
-- Non, je n'ai pas les moyens, répondis-je.
-- Tu peux t'en sortir pour pas cher, si tu sais te débrouiller.
-- En voitures, je ne sais pas me débrouiller. Et puis, c'est surtout le permis qui est cher.
-- Ah, tu n'as pas le permis non plus. Mais tu es un puceau alors ?
-- Merci, c'est gentil, dis-je d'un air pincé.
-- Ne le prends pas mal, c'est une boutade. Encore un futur escargot sur la route, avec un gros A au cul. C'est gonflant à la longue pour les vrais conducteurs.
-- Vous aussi vous êtes passé par là.
-- Je n'ai jamais mis de A, j'ai tout de suite su conduire. Et à la bonne vitesse. Mais je te rassure, ce ne sont pas les jeunes les plus pénibles sur la route.
-- Ce sont les vieux ? demandai-je pour plaisanter.
-- Tout juste ! Tu sais, il y en a des graves. Je crois qu'à un certain âge, les gens devraient arrêter de conduire, il sont très dangereux. Je suis pour le marquage des vieux sur la route. Tu vois, on met un A quand on commence. Il y a des types, ils faudrait leur coller un Z. Le Z, c'est quand c'est la fin, le prélude à la casse, quand il est au bout de la gomme, usé jusqu'à la canne. C'est quand le type ne sait plus où sont les phares, se trompe dans les vitesses, oublie ce qu'il a comme voiture, et se rend à peine compte qu'il existe d'autres personnes sur la route. Même la notion de route n'est plus trop claire pour lui. A la moindre distraction, hop, il oublie qu'il est en train de conduire. Tu crois que j'exagère, mais il y en a plein.
-- Vous avez raison. Je pense que vous exagérez.
-- Tu verras, si un jour tu conduis ! Tiens, regarde, il n'y a pas plus tard que... y'a pas longtemps, là. On l'a vu à la télé. Un vieux se trompe de vitesse et tue des gens sur une terrasse de café. Cent cinquante morts, quand même. Tu te rends compte ? Un seul vieux !
-- Cent... ça fait beaucoup, non ? Il peut y avoir combien de gens sur une terrasse de café ?
-- Une bonne centaine. Ce devait être une grande terrasse.
-- Mais pour les écraser tous, il aurait du faire des manoeuvres pour bien couvrir toute la terrasse. Des zig-zag, en avant, en arrière, et ça a du prendre du temps en plus. Les gens auraient fui.
-- ..........
-- ..........
-- Ouais, t'as raison. C'était peut-être pas cent cinquante. Cela devait être quinze, alors. C'est quand même pas mal, quinze. Pour un vieux.
-- Même quinze. Si on imagine qu'il y a trois ou quatre personnes par table, il a du passer par-dessus quatre ou cinq tables avant de s'arrêter. Il a du rouler par dessus au moins, je ne sais pas, six corps. Cela fait beaucoup, je trouve.
-- Ouais. Ouais... Peut-être... un et demi ? Non, ils n'en n'auraient pas parlé à la télé pour un et demi. Je crois c'était trois morts. Tu te rends compte ? Deux fois plus que un et demi ! Pour un vieux ?
...
par Impromptu publié dans : Des histoires
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Mardi 11 avril 2006
Clinamen.

Voici un mot très spécialisé. D'abord, clinamen est le nom d'un mois du calendrier pataphysique. Il a cette particularité, dans le calendrier, qu'il est rigoureusement identique aux autres mois du calendrier pataphysique (à part le nom), particularité qu'il partage avec ces autres mois à l'exception d'un. Vous suivez ? Il a 29 jours dont un imaginaire. Standard, quoi.

Le clinamen est surtout un des deux concepts fondateurs de la 'Pataphysique (l'autre étant la théorie des équivalences). Dison pour l'heure que la 'Pataphysique est la science des solutions imaginaires.

Le clinamen est la légère déclinaison des atomes dans leur chute : l’atome, tout en se dirigeant en ligne droite vers le bas en vertu de son poids et de sa pesanteur, dévie légèrement de côté. Cette théorie remonte à Epicure, et place l'indétermination au centre de l'explication du monde. C'est cette caractéristique fondamentale qui établit qu'il ne peut exister de vraie connaissance que celle du particulier. En clair, il n'existe que des exceptions, et la 'Pataphysique en fait son terrain d'étude (et d'applications).

Savoir si le clinamen est avéré par les sciences classiques (la physique en particulier) est bien entendu hors de propos puisque la 'Pataphysique englobe et surtout déborde ces disciplines en définitive très limitées. Ce que nous admettons comme "réel" n'est qu'un sous-ensemble des solutions imaginaires. Les concepts appelés "lois" ou "règles" n'ont pas d'objet car grâce au clinamen, nous savons que tout sans exception est exception, l'absence d'exception étant en soi une excpetion à la règle ici énoncée, qui est elle-même une exception.

J'espère avoir été clair, parce que je vois bien que vous ne faites pas très attention, et c'est grave important, le clinamen.
par Impromptu publié dans : Des mots
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Lundi 10 avril 2006
A mon tour de nostalgier sur les publicités vénérables.

Il me souvient du temps lointain où j'avais la télévision, un court-métrage à vocation commerciale me fit longuement réfléchir. Ce documentaire, fort bien réalisé du reste, vantait les mérites d'une brosse à dent. Pas n'importe laquelle : une brosse à dent "professionnelle".

Un outil professionnel est un objet qu'une personne utilise dans un cadre professionnel. C'est simple, mais je donne quand même un exemple. Les bricoleurs, dont je ne fais pas partie (je suis tombé dedans quand j'étais petit) utilisent une perçeuse Black et Decker. Ils s'en servent occasionnellement, dans le cadre privé. Il existe des gens dont les travaux manuels impliquant l'usage d'une perçeuse est l'activité professionnelle. C'est leur gagne-pain. Ils utilisent une perçeuse Spit et font des trous à longueur de journée. On les paie pour ça (entre autres). Je l'sais, eh, j'ai fait aussi. Si le professionnel des trous utilise une Black et Decker, celle-ci rend l'âme avant que la semaine s'achève. Parce que, dites-le avec moi, cette perçeuse n'est pas une perçeuse pro-fes-sion-nelle.

J'appris donc qu'il existait des brosses à dent professionnelles, et par là même qu'il se trouvait, quelque part, des gens dont le brossage de dents est le métier. Ils gagnent leur vie en se brossant les dents, et ils y passent une partie de la journée.

Le film suggérait maladroitement, par une successions d'images même pas subliminales, que ces gens pourraient être les dentistes. Je ne fus pas dupe, car pour qui me prenait-on : je savais fort bien que le dentiste est trop occupé à soigner les dents de ses patients pour passer la journée à se les brosser et gagner sa vie de cette façon. J'appelai cet expert mystérieux le denteur.

Le denteur se brosse les dents professionnellement. Le principe est le même que pour nous (se nettoyer les dents avec une brosse et du dentifrice) mais c’est aussi son métier et il a un savoir-faire professionnel. Il a bien entendu besoin d’outils à sa mesure : une brosse à dents professionnelle. Ainsi, avais-je supputé, que du dentifrice professionnel.

Si vous avez vu cette publicité, vous vous êtes comme moi sentis amoindris. Car tous autant que nous sommes, nous sommes des amateurs en brossage de dents. Nous le faisons moins souvent,  moins bien, en dilettantes. NOUS NE SOMMES PAS QUALIFIES pour nous brosser les dents.

Je ne sais pas vous, mais moi je me suis senti honteux, et je me suis demandé si j'allais continuer à exercer le métier de denteur sans la moindre formation et avec une expérience qui fait rire.

Heureusement, un fabriquant a mis à notre portée un outil professionnel, ce qui ne m'eut pas peu soulagé. J'en achetai un, mais j'ai tellement eu l'impression de ne pas l'utiliser au mieux de ses capacités, que je suis revenu à la brosse à dent de monsieur tout le monde. Depuis, avec l'aide de ma psy, j'assume mon manque de professionnalisme en matière de brossage de dents, et je me dis qu'on ne peut pas être spécialiste* en tout.
par Impromptu publié dans : Des avis
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Dimanche 9 avril 2006
-- Tu vas participer aux croisades de l'année prochaine, toi ?
-- Je ne sais pas trop, il y a deux ans je l'ai fait et ça n'a pas été payant.
-- Tu avais misé quoi ?
-- La mise standard. Pourquoi, tu avais misé double ?
-- Oui. Et sur les 6 troupes que j'ai envoyées, il y en a 4 qui sont revenues. Pas le pactole, mais j'ai quand même fait un bon résultat. D'ailleurs je me suis fait rénover tout mon chateau, en Bourgogne, et même le village dessous. Je crois que je vais appeler la bourgade Chateauneuf, qu'est-ce que t'en penses ?
-- J'espère que tout le monde n'aura pas la même idée, sinon on sera obligé de donner des numéros aux chateauneufs.
-- Jaloux !
-- Ouais. En attendant, moi seulement 2 troupes sont revenues. Pas de quoi rénover quoi que ce soit. Regarde, à Avignon, j'arrive même pas à finir un pont.
-- Je crois que j'en ai entendu parler.
-- Et les gens ont beau y danser, c'est pas ça qui va finir mon pont.
-- Allez, tu vas quand même faire les prochaines croisades, me dit pas que tu vas laisser passer ça. Il parait qu'il y a une super cagnotte. Tiens, regarde, en troupes je vais envoyer la 4, la 7, la 9, la 15, la 16 et la 23.
-- Peut-être, je ne sais pas... Peut-être. Je crois que ce serait la 3, la 11, la 32, la 33 (ma porte-bonheur, tu gardes ça pour toi), la 39 et la 41. Mais franchement, je ne suis pas chaud.
-- Fais quand même attention, on va pas fâcher le Pape.
-- Mouais, le Pape, le Pape... il est bien gentil mais entre nous, c'est pas demain qu'il va venir faire la loi à Avignon.
-- Tu sais qu'il y en a qui envoient jusqu'à 10 troupes pour avoir plus de chances de ramener?
-- J'ai entendu la rumeur. C'est de la triche ! Il devrait y avoir des lois contre ça !
-- Bah, c'est toujours pareil, ces trucs là c'est souvent pipé. Suffit d'être bien avec les organisateurs.
-- Tu m'as tout même donné envie. On ne sait jamais. Je pourrai peut-être finir mon pont l'année prochaine.
par Impromptu publié dans : Des histoires
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Samedi 8 avril 2006
En ce 17 Clinamen 133 E.P., où nous fêtons la saint Hiéronimus Bosch, je n'ai pas envie d'écrire quoi que ce soit.
Heureusement, nous avons une guest-star qui vient nous alimenter pour la deuxième fois. Voici un souvenir ému directement issu de la jeunesse de l'ami-qui-te-prête-des-dvds.
C'est un document. Etudions-le, conservons-le, méditons.



Elle était jeune –la vingtaine-, cheveux châtains mi-longs, portait un tee-shirt rouille et un pantalon blanc cintré à la taille et ample aux chevilles.
Et elle courait dans la nature, pieds nus, radieuse.
Moi aussi, j’étais béat en la regardant faire et je dodelinais de la tête au rythme de ses seins.

Elle courait, belle, libre… Et là, de manière incongrue, une matière inconnue ressemblant un peu à du varech venait mobiliser l’attention.
Ce morceau de « truc », de la taille d’une boîte d’allumettes, se voyait une carafe pleine d’eau déversée dessus ! Et l’eau coulait, coulait…
Et c’était fini, la carafe était vide.
Pas une goutte ne perlait nulle part, tout était sec.
La matière avait énormément gonflé, tout absorbé.

C’était ça, la « sphaigne ».
« Les femmes n’allaient plus jamais vivre comme avant grâce à cette découverte révolutionnaire capable d’absorber jusqu’à 47 fois son volume initial en eau ! »

Retour sur le sourire de la jeune femme, retour à mes émois de l’époque.
Toujours nus pieds, elle finit sa course sur un ponton, au bord d’un lac. Je soupirais.
Et là, une fulgurance teintée d’inquiétude me prit (la fille, l’eau, la sphaigne…) : « ‘tain ! keskispass’ si elle tombe à l’eau ?!?!?! »

La marque « Gnagna » apparaissait alors à l’écran, me renvoyant à la vacuité de ma condition : je n’étais pas une femme et je ne le saurais donc jamais !

L'ami-qui-te-prête-des-dvds.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Vendredi 7 avril 2006
Ignorantin.

Je ne sais même plus où j'ai trouvé ce mot, récemment. Honte sur moi. Les cahier de 'Pataphysique ? Il m'a tout de suite fait penser à "laborantin".

Le laborantin est un préparateur ou garçon de laboratoire, ou aide, auxiliaire, assistant. Laborantin est un mot fascinant, si je puis me permettre de digresser. Je me permets.

Laborantin est assez jeune (tout début XXè), emprunté de l'allemand, où il tenait lieu de féminin de laborant, lequel vient de "laborare" en latin, qui signifie travailler.
Ainsi, premièrement, si on s'en tient à la racine latine, laborantin n'a pas grand chose de spécifique aux laboratoires. On pourrait dire laborantin de n'importe quelle personne qui travaille, après tout. Mais bon, on ne le fait pas parce que sinon on ne s'en sort plus. Et puis, ce sont les allemands qui ont commencé.

Ensuite, on a été obligé d'aller chercher un féminin pour désigner un garçon. On n'a pas pris "laborant" pour le décliner en "laborante". On a pris laborantin et on a décliné en laborantine. Etonnant, non ?

J'imagine aisément le laborantin comme étant assez jeune (tout début XXè, on a dit), un rien gauche, dévoué et toujours en blouse blanche. Il passe une grande partie de son temps à dire "oui, professeur" et "tout de suite, professeur".

Où en étais-je ? Ignorantin.

Comme le laborantin travaille dans un laboratoire, je me suis dit que l'ignorantin travaille dans l'ignorance. Avec une blouse blanche, un rien gauche, et disant beaucoup "oui, professeur". Et puis j'ai regardé la définition. Ce n'est pas exactement ça.

Dans le courant du XVIIè siècle, certains ordres religieux, à commencer par les "frères de la charité" (maintenant ordre de Saint Jean), prirent par humilité le titre de frères ignorantin, sur le même modèle qu'augustins ou carmélites (sauf carmélites). En raison de leurs activités principales, les frères ignorantins furent alors associés à l'éducation et l'instruction des enfants pauvres. Ensuite, le terme "frères ignorantins" a été attribué par extension, et dérision, à tout ordre chrétien (par opposition aux laïcs, plus tournés vers la connaissance). Avoir fait ses classes chez les frères ignorantins a commencé de signifier que la personne en question n'en n'a pas lourd dans le caillou. Je suis d'ailleurs tombé sur "ignorantisme", corollaire d'obscurantisme, qui n'est pas dans mon (vieux) Robert, et qui serait dérivé d'ignorantin, ou plus directemment d'ignorance (le plus probable).

Donc, l'ignorantin, même s'il peut être un peu gauche, ne dit pas "oui, professeur", étant le plus souvent lui-même un professeur, mais "oui, frère". Il est possible qu'il porte, lui aussi, une blouse blanche.
par Impromptu publié dans : Des mots
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Jeudi 6 avril 2006
Une pub sur le site de mon fournisseur de blog :
"Vols à saisir".
On se les arrache ?

Affiche de film vue dans la rue :
"Fog".
Accroche : "Dans le brouillard, personne ne vous verra disparaître"
Ben... si. En principe.
Je propose deux corrections possibles :
"Dans le brouillard, personne ne vous verra". Parfait pour le doigt dans le nez, donc.
"Tout le monde vous verra disparaître dans le brouillard". C'est beaucoup moins accrocheur, je reconnais, mais plus proche des gens.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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