Dimanche 21 mai 2006
Je viens d'avoir une très bonne idée de scénario pour un film à succès. C'est risqué de mettre ça ici, avec les millions de gens qui visitent mon blog et qui pourraient la prendre, mais je vous fais confiance.

C'est l'histoire d'un homme qui vit seul avec son chien et qui arrive tout juste à joindre les deux bouts malgré qu'il travaille beaucoup. Mais ça va quand même parce qu'avec son chien ils se soutiennent mutuellement. Seulement un jour son chien tombe malade. On découvre qu'il a un grave problème de reins et le terrible verdict tombe (avec de la musique dramatique) : il faut une transplantation sinon le chien est condamné. Le héros est accablé, et il manque sombrer dans l'alcoolisme, mais au cours d'un échange émouvant, son chien (qui est à l'hôpital pour chiens) lui fait comprendre que ce n'est pas la bonne solution. Il faut que le héros trouve un moyen d'obtenir la somme d'argent nécessaire à la transplantation. Il lui vient soudain l'idée d'un exploit extraordinaire, qui lui permettrait de gagner le premier prix d'une épreuve, et ça résoudrait tous les problèmes. Il décide donc de gagner le grand concours de boules de Garges-lé-Nonettes.

Seulement au départ il n'est pas très fort en boules. Et puis il n'a pas le matériel. Donc il va voir son ami d'enfance et au cours d'un dialogue, émouvant aussi, il lui demande de lui faire confiance et lui prêter assez d'argent pour s'acheter un ensemble de boules de très bonne qualité. On voit bien que son ami ne croit pas à la capacité du héros de gagner un concours de pétanque, mais il lui prête quand même, et il lui propose même de l'entraîner. C'est un super bon ami. Là on voit un flash-back avec les deux protagonistes quand ils étaient enfants, et qu'ils jouaient avec des boules de pétanque en plastique de couleur, celles où on mettait de l'eau dedans. Le héros perdait souvent et il partait en pleurant, c'était une expérience traumatisante. On comprend que sa première épreuve va être de surmonter cette terreur de perdre aux boules qui pourrait faire trembler sa main ou le faire hésiter à prendre des risques pendant la compétition. Avec le soutien de son chien malade, il parvient à surmonter cette peur.

Alors il y a tout un passage où on voit le héros faire des abdos, des pompes, et monter des escaliers pour la forme physique. Et puis il joue beaucoup aux boules. Au début c'est pas terrible, mais petit à petit ses gestes sont plus précis et il arrive à bien tirer et pointer. Et puis il devient super bon, et les deux amis sourient beaucoup parce qu'ils sont très contents. Même son chien, à qui le héros raconte ses progrès, sourit malgré la maladie. Seulement attention (musique un peu angoissante), le champion qui gagne toujours le concours de Grages-lè-Nonettes s'est inscrit aussi, et il entend parler de cet inconnu qui s'entraîne, et ce champion est très méchant. Il le surveille, et il prépare quelque chose.

La veille du concours le héros apprend qu'il y a un donneur pour son chien, lequel est dans un état très grave, et il va voir le vétérinaire qui n'est pas décidé à prévoir une opération alors que le héros n'a pas l'argent. Là il y a de nouveau une conversation émouvante où le héros demande qu'on lui fasse confiance, il déploie tous ses talents de persuasion, avec des larmes et tout, et le vétérinaire finit par accepter. Mais il le prévient que si le héros ne gagne pas le concours, il sera obligé de retirer le rein pour le mettre dans un autre chien qui a un maître qui paie. Bon, il le dit pas comme ça, mais c'est l'idée.

En rentrant chez lui, soulagé et prêt pour le concours, le héros tombe sur trois gars. Il y a une bagarre et il a beau lutter, les trois gars arrivent quand même à lui retourner un doigt, en lui disant qu'il ne doit pas participer au concours de boules. C'est certainement un coup du méchant champion, qu'on voit rire chez lui en buvant un verre de Gin-Tonic. La tension monte. Le héros se fait une attelle au doigt avec un petit bâton maintenu par du chatterton, et on voit qu'il a beaucoup plus de mal à jouer, il a des gouttes de transpiration, tout ça. Il va voir son chien et lui dit que tout va bien aller, en lui cachant sa main blessée.

Le jour du concours, la main bandée, le héros se qualifie avec brio et monte dans les éliminatoires. Il se fait remarquer et tout le monde l'applaudit, ce qui n'est pas au goût du méchant champion qui fait plein de grimaces en grinçant des dents. Entre deux parties, quelqu'un vole les précieuses boules du héros, qui, paniqué, les cherche partout. Ce sont les trois gars de la veille qui travaillent pour le méchant. Ils se préparent à jeter les boules dans la rivière pas loin lorsque soudain surgit le meilleur ami du héros avec une barre en métal. Le meilleur ami, qui est très fort, éclate le crâne des trois comparses, en envoyant des bouts de cervelle un peu partout, et c'est bien fait pour eux. Puis il va rendre les boules au héros après avoir bien sûr essuyé le sang qu'il y avait dessus. Le héros, lui, était en train de lutter contre l'envie de se remettre à la boisson. Mais là ça va mieux. Pendant ce temps a lieu l'opération du chien et on espère que ça va bien se passer.

Vient la finale, contre le méchant champion que l'on voit juste avant se faire injecter un produit dopant qui le fait mieux jouer aux boules. Le héros est en mauvaise posture, et il est tout seul devant l'épreuve. Il revoit des images de quand il était petit et sa main tremble. Seulement après il pense à son chien et ça va mieux. Il transpire. Il est tellement concentré qu'il ne voit même pas les gens l'encourager. Le méchant fait très peu d'erreurs mais le héros est très très bon, alors il s'énerve. Le score est très serré. Tout se joue à la fin sur un dernier point, et au moment où le héros va tirer, le méchant le pousse. Non seulement le héros arrive quand même à avoir le point, mais en plus le public qui a vu le geste se jette sur le méchant et le dépèce en quelques secondes.

Puis le héros est acclamé, le maire de Garges-lè-Nonettes vient lui serrer la main en lui donnant le prix et lui dit que dorénavant il n'aura plus de problèmes et même si il veut il lui propose un bon travail bien payé. L'opération du chien réussit et les deux se retrouvent dans la joie et tout le monde pleure beaucoup (de bonheur).

Alors, c'est pas de la graine de succès, ça ?
par Impromptu publié dans : Des histoires
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Mardi 16 mai 2006
-- Bonjour Messieurs. Comme la plupart d'entre vous le savent, j'ai été chargé par la direction marketing d'effectuer des recherches statistiques sur le profil de nos nombreux clients, afin de pouvoir mieux cibler la clientèle potentielle pour nos produits présents ou futurs.
-- Ou passés ?
-- Ou passés, mais moins. L'ensemble des résultats que je vais vous présenter se basent sur le principe de la correspondance client/produit. Comme vous le savez, nous avons une activité modérément diversifiée, et nous partons donc de l'hypothèse qu'un client type pour l'un de nos produits peut présenter un profil très différents de celui qui achète un autre de nos produits.
-- C'est une hypothèse audacieuse. Vous pouvez la démontrer ?
-- Dans un instant. J'ai donc sélectionné un ensemble d'indicateurs de description de client, trois pour être précis, afin de répartir l'ensemble des clients connus pour un produit donné sur un graphe, que j'ai appelé "graphe client-produit".
-- Vous avez déposé le nom ?
-- Bien entendu. En réalité j'ai commandité une agence spécialisée pour le trouver et le dépôt fait partie de leur service.
-- Vous avez bien fait. Poursuivez.
-- Merci. Les trois indicateurs sont les suivants. Premièrement, leur pointure, répartie de la plus petite à la plus grande.
-- Pourquoi dans cet ordre ?
-- Nous avons fait des essais dans l'autre sens : les graphes ne sont pas lisibles. Vous voyez ici la répartition des résultats tous clients confondus.
-- On dirait une cloche.
-- C'est normal. Deuxièmement, la couleur de cheveux. Voici la répartition des résultats pour cet indice.
-- J'aurais plutôt mis roux avant châtain.
-- C'est une possibilité. Mais comme c'est moi qui ai constitué l'échelle, il est après.
-- Après réflexion, vous avez raison. Je m'incline.
-- Et enfin le diamètre du nombril. C'était l'indicateur le plus délicat à mesurer.
-- C'est en effet une information confidentielle. Comment avez-vous persuadé nos clients de la divulguer ?
-- L'assurrance de l'anonymat, et le fait que j'ai procédé à de nombreuses mesures moi-même dans la plus parfaite intimi... discrétion. Et la mesure elle-même est assez coûteuse, nous avons eu besoin d'une assistance informatisée conséquente afin de calculer précisément dans chaque cas où commençait le bord du nombril. C'est très délicat. Au fait, j'ignorais que votre épouse achetait nos assiettes, félicitations.
-- Merci. C'est vrai que nous en consommons énormément. Mais pourquoi la taille du nombril ?
-- Parce que cela n'a jamais été fait auparavant.
-- Bien sûr ! Comment n'y ai-je pas pensé ?
-- Parce que cela n'a jamais été fait auparavant. Le résultat, messieurs, est un graphe en trois dimensions et en couleurs qui permet de saisir en un coup d'oeil la répartition de nos clients pour un produit donné pour ces trois indicateurs. Je vous présente le graphe client-produit de nos tire-bouchons.
-- Magnifique.
-- C'est très joli.
-- Cette impression de profondeur est confondante.
-- Vous vous êtes basé sur un modèle ?
-- Absolument pas. C'est sorti tout seul comme ça. Vous remarquerez que le tire-bouchon a une structure toute en courbes, avec une forte concentration sur les bords, qui donne l'impression d'un objet creux.
-- Mais comment s'en sert-on ?
-- Cela va vous apparaître immédiatement lorsque je vous aurai montré le graphe client-produit de notre huile de frein. Voici !
-- Impressionnant !
-- La différence saute aux yeux.
-- Exactement. En comparant ces deux graphes, nous nous apperçevons du premier coup d'oeil que les tire-bouchons et l'huile de frein sont certainement des produits différents, ce qu'aucune autre méthode existante ne peut démontrer scientifiquement.
-- C'est fantastique !
-- Ces travaux sont confidentiels, j'espère ? Quel avance sur nos concurrents !
-- Je vous assure, messieurs, qu'avec cette méthode, associée à une grille d'analyse précise des graphes, nous saurons exactement où nous allons quel que soit le produit que nous voudrons vendre. Un dernier exemple : le graphe c-p, si vous me pardonnez ce sobriquet affectueux, de notre plan routier de Ronchon-sur-Oise.
-- Surprenant !
-- Le graphe a clairement une forme de girafe.
-- On fabrique des girafes ?
-- Des animaux ?
-- Non, celle qui fait "pouêt !".
-- Sophie.
-- Où ça ?!
-- Sophie, c'est le nom de la girafe qui fait "pouêt !".
-- Ah, ok. On peut quand même faire entrer Sophie pour le café ?
-- Bien sûr. <kkrrchhh> Sophie, vous pouvez nous apporter les cafés ? Merci. <kkkrrchh>
-- J'aime bien quand Sophie elle rentre avec les cafés, avec son tailleur et... Oui, pardon, je vous écoute.
-- Je peux vous assurer, messieurs, que votre enthousiasme n'est pas sans fondement. Nous planchons en ce moment même sur des moyens d'analyse élaborés qui nous permettront, à modérément brève échéance, de savoir ce que peuvent bien signifier ces graphes.
-- Toutes mes félicitation ! C'est très prometteur. Votre budget est maintenu.
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par Impromptu publié dans : Des histoires
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Dimanche 14 mai 2006
Roman de Orson Scott Card, "La stratégie Ender" est édité en 1985.  L'auteur a reçu pour ce roman à la fois le prix Hugo (1986) et le prix Nebula (1985). C'est le premier volet de "la trilogie Ender", constituée de quatre volumes. Comme quoi, certains auteurs n'arrivent pas à s'arrêter. A la sortie du quatrième, tout le monde s'est regardé d'un air gêné et il a fallu remplacer partout "trilogie" par "cycle".

Le petit Andrew Wiggin est très intelligent. Il est surnommé Ender par tout le monde y compris lui-même. Il est très surveillé parce qu'il est né sur commande, après deux essais ratés. Son frère est très intelligent aussi mais trop méchant. Sa soeur, trop gentille. On espère très fort que celui-ci sera comme il faut. C'est qu'il doit sauver le monde, alors on fait attention. Quand on lui fait croire qu'il se débrouille seul, à la première accroche il frappe avec comisération, tue sans le faire exprès et reste choqué de ce que toute le monde l'oblige à faire ce qu'il fait. Alors les commanditaires sont contents et ils le font entrer dans l'école de guerre, où il montre qu'il est vachement fort, même à sept ans alors que tous les autres en ont trois ou quatre de plus. L'objectif est d'être suffisamment brillant stratège pour combattre les Doryphores, une race extraterrestre avec laquelle l'Humanité a eu quelques frictions. Alors qu'il se distingue comme le génie qu'il est, son frère et sa soeur manipulent l'opinion sur terre en utilisant les réseaux de discussion.

Le roman n'a pas trop vieilli, il est toujours aussi prenant. Le style n'est pas aussi soigné que dans mon souvenir, mais cela peut tenir en partie à la traduction. J'ai lu avec un oeil nouveau toute la partie concernant les réseaux et l'opinion. L'usage de pseudonymes et le couvert de l'anonymat pour exprimer joliment ses idées est ce qui se pratique aujourd'hui, avec le même espoir que cela rencontre assez de succès pour pouvoir, un jour, dévoiler sa vraie identité et récupérer le fruit de ce labeur. Mais la toile que nous connaissons est si éclatée qu'il n'est pas possible, à mon avis, d'avoir une influence aussi significative que dans le livre. La fin de l'histoire est gentille et triste avec un peu d'espoir.

La force de cette trilogie (je n'ai pas lu le quatrième, juste des critiques assez négatives) est que chaque volet est très différent des autres. "La voix des morts", le deuxième, n'est pas la suite des aventures du stratège de génie avec des batailles encore plus grandioses, des exploits spatiaux plus spectaculaires. C'est un autre cadre, d'autres thèmes, même si le personnage principal reste. Le troisième est "Xénocide", de mémoire il me semble qu'il m'a moins intéressé.

Une petite note spéciale pour un appareil qui devient important dans la troisième partie du roman (et central dans les autres) : l'ansible. L'ansible est un concept très pratique dans les romans futuristes de courant "space opera", repris par plusieurs auteurs. Notamment James Blish, dans son cycle des Villes Nomades, qui en est peut-être l'inventeur. L'ansible est un appareil permettant les communications instantanées entre deux points quelle que soit la distance qui les sépare (même si elle est de plusieurs milliers d'années lumière). Cet appareil est essentiel au déroulement de ces histoires, autrement impossibles si le moindre "bonjour !" ne pourrait être reçu que par les arrière-petits-enfants de son destinataire, s'il en a. L'ansible (parfois sous un autre nom) est aussi connu et usité dans le "space-opera" que le Necronomicon dans la "dark fantasy" et le "gothic".

Notez que l'auteur a écrit un cycle consacré à un des personnages secondaires de "La stratégie Ender". Un autre point de vue sur tous ces événements. Le personnage en question s'appelant Bean, la saga s'appelle le "Cycle de Bean". Prévisible, mais il faut qu'on puisse s'y retrouver facilement, aussi.
par Impromptu publié dans : Des livres
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Vendredi 12 mai 2006
J'ai dernièrement récupéré une partie de mon fonds bibliographique. Ce n'en n'est qu'une toute petite partie, mais il y a tout de même tous mes Pratchett, mes Jack Vance, mes Donaldson, et quelques autres. Je vais enfin pouvoir re-relire "La stratégie Ender" (et en faire un petit commentaire ici).

Il y a aussi une poignée de bandes dessinées. C'est de l'une d'elles que je voudrais parler maintenant. Oui, je classe les bandes dessinées dans "livres" et non dans "images", ceci dit pour anticiper les remarques, car je sais que certains d'entre vous sont attentifs.

Une petite BD qui ne paie pas de mine, à mon avis à tirage réduit, chez Delcourt. Une série de gags d'une page, au troisième degré. L'équivalent de films de série Z qui s'assume pleinement. De Tronchet et Gelli : "Patacrèpe et Couillalère (sont de bons amis)". Vous connaissez Tronchet avec son Raymond Calbuth (dont j'ai également dépoussièré l'intégrale) et son Jean-Claude Tergal (victime d'une malheureuse adaptation cinématographique). Les bons amis sont un long chien et un rond cochon.

Un de mes dialogues préférés :

Patacrèpe et Couillalère arpentent un chemin champètre.

-- Aaaahhh... La campagne... Patacrèpe !
LA CAMPAGNE !
La campagne ! Hmmmmmm... C'est comment dire ?
Je trouve pas le MOT assez fort pour...
La campagne, la campagne, c'est... Rhâââahhh, c'est...

-- Chiant ?

-- OUIIIII, c'est ça ! CHIANT !
C'est le mot que je cherchais !
Voilà, c'est chiant. PILE le bon mot.
C'est ce que je voulais exprimer comme idée. A la campagne, on... on... on...
Comment dire ?

-- On se fait chier.

-- OUIIIII, pile encore !
Houlà... Il est en forme aujourd'hui le Patacrèpe !


Des histoires en série, comme la suite de "il y a trop de roues dans les bagnoles" ou "sommes-nous des cons ?". Il y a bien sûr des gags cochons (puisque 50% des personnages sont un cochon), en particulier la série des histoires "les seins des femmes sont nos amis" de toute beauté, et puis les histoires de thermomètres, pas mal non plus. On remarquera d'ailleurs que le dessin de la couverture a été retouché pour être plus présentable.

En gros, de la bonne poilade toute simple. Car ça aussi c'est de la culture, y'a pas qu' Alexandre Dumas dans la vie. Et ça fait du bien de temps en temps.
par Impromptu publié dans : Des livres
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Mercredi 10 mai 2006
Suisse.

Le nom, je laisse l'adjectif de côté. Suisse est un mot très connu. Il désigne, grosso modo, les gens qui ont la nationalité Suisse, ou en sont originaires ou y habitent. Tout le monde le sait.

Je le savais même à l'époque où j'ai lu mon premier Balzac, il y a très longtemps. J'avais un avantage : en ce temps, deux de mes trois super-potes étaient d'origine suisse, même s'ils n'étaient pas, à proprement parler, Suisses. Dans ce premier Balzac ("illusions perdues"), il fut question d'un suisse, personnage de tellement peu d'importance qu'il était tout juste mentionné, il avait à peu près le même statut que la table, la canne ou l'encrier. Il semblait d'ailleurs que plusieurs autres personnages du roman (qui, eux, avaient un nom) possédaient leur suisse à eux. Je n'étais pas si choqué que ça, vu que moi j'en avais deux, mais il me semblait que ce n'étaient pas les mêmes : moi je leur mettais une majuscule. Plus tard, le "Chuiche" de Boris Vian dans "l'écume des jours" attira mon attention, je me doutai qu'il pouvait exister un lien avec les suisses que je connaissais. Je ne découvris que bien plus tard à quel point le Suisse était riche. Le mot, pas les super-potes (pour eux, j'ai su très vite).

C'est qu'à une certaine époque, les Suisses et les suisses avait bien de l'importance en France. La Suisse était célèbre pour ses mercenaires. Dans les années 1450, la Suisse avait établi un bureau spécial d'émigration pour lutter contre les élans guerriers d'une jeunesse qui supportait mal la surpopulation. Divers accords ont été conclus avec plusieurs pays européens, et la France en recueillit plusieurs milliers, contre argent. D'ailleurs, l'on disait "Point d'argent, point de Suisse", ce qui signifiait que l'on n'a rien pour rien.

Sous l'ancien régime avait été constitué (par Louis XIII) un régiment de Suisses qui faisait partie de la maison du roi, jusqu'à la révolution. Les Cent-Suisses était une compagnie créée antérieurement, par Charles VIII, et à qui il confia la garde du Palais Royal. Cette compagnie fut incorporée aux gardes suisses et se rendit célèbre dans la défense des Tuileries lors de l'arrestation du roi Louis XVI en 1792. La garde suisse disparut de France à cette époque, mais le Vatican possède encore aujourd'hui une garde suisse. Je ne sais si les Suisses du Vatican ont la même qualité qu'au moyen-âge. A l'époque, ils étaient redoutables.

En matière de protocole religieux, le suisse est le garde laïc chargé de veiller au bon ordre des processions. C'est vrai que depuis qu'il n'y a plus de templiers, on ne sait plus où trouver les agents de sécurité.

L'idée que les Suisses défendent les Portes en France fit passer dans l'usage le terme de suisse pour désigner le portier ou le concierge dont il est l'ancètre. Ce gardien était au départ pris parmis les Suisses, c'est vrai. Mais ce devait aussi être une façon de parler pour se rassurer, se laisser bercer par l'idée que son portier puisse être aussi guerrier et suisse qu'un vrai Suisse (voire un vrai Suisse suisse). D'ailleurs on les affubla d'un joli costume qui, espérait-on certainement, devait lui conférer un minimum de vaillance en cas de besoin. Je ne vois pas le concierge d'aujourd'hui prendre armes pour défendre la porte. Ce qui est un peu confus, c'est qu'à l'époque où le suisse était portier, il existait aussi des portiers qui n'étaient pas appelés suisses; cela devait tenir au costume.

Les membres de la garde suisse, en bon mercenaires, aimaient probablement boire puisque l'expression "boire comme un Suisse" signifiait s'imbiber d'abondance. Cela dit, la même expression avait une signification différente. "Comme un suisse" ou "en suisse" voulait dire aussi tout seul dans son coin, en cachette. On pouvait dire "faire suisse". On aurait tendance à dire "en juif" aujourd'hui. Etonnant, non ?

On trouve également l'expression "penser à la Suisse" qui désigne l'action de passer de la première idée simple venue à la suivante, sans s'attacher aux liens qu'elles ont entre elles.

Les suisses et Suisses ne sont plus tant présent parmis nous. Je vais tout de même me créer pour usage personnel "boire avec un Suisse" pour toutes les occasions où je pourrai prendre en verre en compagnie d'un ami que je n'ai pas vu depuis très longtemps.
par Impromptu publié dans : Des mots
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Lundi 8 mai 2006
par Impromptu publié dans : Des images
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Dimanche 7 mai 2006
Il existe des plages où les vagues refluent : elles se dirigent vers le large. Se baigner dans ces endroits demande prudence et vigueur. On a vite fait de s'oublier en s'amusant et se rendre compte trop tard que la plage est hors de vue. C'est pourquoi on ne laisse les enfants jouer dans l'eau que s'ils sont reliés à un robuste poteau par une corde.

-- Chéri, on va rentrer. Tu ramènes les enfants ?
-- Ok
-----------------------
-- Chérie... il y en a encore un qui a rongé sa corde.
-- Encore !? Mais c'est pas vrai ! C'est le deuxième cette année !
-- Il va falloir en refaire.
-- ça va pas non ? On n'arrête pas. J'ai autre chose à faire, moi !
-- Et les cordes en nylon, c'est beaucoup trop cher. C'est vrai qu'il avait de bonnes dents, Lilian...
-- Puisque c'est comme ça, il ne joueront plus que dans la zone grillagée. On n'en n'a plus que trois, et je veux en garder deux minimum. Sinon c'est pas la peine, hein.
par Impromptu publié dans : Des histoires
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Vendredi 5 mai 2006
-- Au rapport chef !
-- Ah. Vous avez les faisans ?
-- Et bien... pas exactement chef. Mais on a un beau marcassin !
-- Je vous avais dit de me ramener des faisans.
-- Oui, c'est vrai mais... on a un beau marcassin chef.
-- Mais je vous avais dit de me ramener des faisans.
-- Oui, mais on a un beau...
-- J'en n'ai rien à faire de votre marcassin ! J'ai dit faisan ! Vous pouvez aller reposer ce truc où vous l'avez trouvé et ramenez-moi des faisans !
-- C'est à dire qu'on ne trouvait pas de faisans et comme ce marcassin, qui est beau, passait tout près... et qu'on s'est dit que c'était décidément un beau... Heu. Chef.
-- Ais-je été à un moment ou un autre ambigu dans mes directives ?
-- Pas du tout chef !
-- Vous ai-je fourni du matériel défectueux ?
-- Absolument pas chef. De très bons fusils qu'on a.
-- Nourissez-vous dessein d'organiser une mutinerie ?
-- Ah mais du tout, chef ! C'est juste que on a... d'une certaine façon, on n'a en quelque sorte plus ou moins pas trouvé de faisan, chef, c'est tout bête. Haha. Alors qu'on a un beau marcassin, en revanche...
-- Vous vous moquez de moi, c'est cela ?
-- Jamais chef ! Seulement, comme hier vous nous avez demandé du marcassin et qu'on n'a pu rapporter que trois lapins, on s'est dit que peut-être ça pourrait servir.
-- La cavalerie ne mange que du faisan. Vous allez donc me ramener du faisan.
-- C'est que comme hier on n'avait pas de marcassin, l'infanterie n'a pas mangé et elle a, d'une certaine façon, heu... encore faim, si on peut dire. Et justement là on a un beau marcassin, alors on s'est dit c'est finalement pas une si mauvaise chose.
-- Si vous discutez encore une fois mes ordres, il y aura deux bouches de moins à nourrir. Allez me chercher du faisan !
-- Et si on découpait des bouts de marcassin en forme de faisan ?
-- Allez !
----------------------
-- Qu'est-ce qu'on fait ?
-- Tu te souviens de l'endroit où on avait mangé le canard l'autre jour ?
-- Oui, ce n'est pas loin.
-- On y retourne. Il doit y rester des plumes. Elle est pas mal, ton idée de déguiser le marcassin en faisan.


(Merci à l'amiqui pour l'idée de départ)
par Impromptu publié dans : Des histoires
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Vendredi 28 avril 2006
Ce blog est en vacances quelque temps. Plus tard, de nouvelles petites choses.
par Impromptu publié dans : Des histoires
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Jeudi 27 avril 2006
Je ne tenais pas tellement à elle, finalement. Seulement, de son côté, elle s'était beaucoup attachée. La séparation ne fut pas simple.


Heureusement, je viens de recevoir mes dvd. Quelle surprise ! Cela va me changer les idées.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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