Dimanche 9 décembre 2007
Mes amis, comme vous le savez l'aventure d'un blog ne dure qu'un temps. Au bout d'un intervalle plus ou moins long l'auteur(e) en a ras le turban et n'a plus envie d'exposer le fruit chéri de ses entrailles, quelque forme revête ce produit. Ou alors il (elle) n'a plus rien à raconter. Ou encore son blog avait un objectif précis, le plus souvent inconscient, et le but se trouve soudainement atteint. Le slip d'honnêteté qui m'habille lorsque je me présente à vous m'impose de vous avouer que pour moi, le temps d'arrêter d'écrire des bêtises n'est pas encore venu. Mais bien entendu cela peut arriver n'importe quand.
Certes, la fréquence de mes interventions n'est plus celle de mes débuts, où la verte sève abondait dans mes doigts. Qu'importe, il en reste et vous êtes d'autant plus patients qu'en quelque sorte vous n'avez pas le choix. J'ai dernièrement lu un blogueur reculer devant la charge en annonçant sérieusement : "un blog est quotidien ou il n'est pas". Les gens ont parfois le chic pour extraire des règles du fond de l'air. Heureusement, je n'ai pas ce talent. Je suis cependant obligé de faire le point sur mon blog car je suis arrivé au deux centième article, et un blog fait le point à chaque centaine d'article ou il n'est pas.
J'ai décidé de vous dévoiler aujourd'hui une partie des coulisses. Nous allons explorer ensemble les statistiques de ce blog. Vous n'en n'avez peut-être rien à faire mais cette nouvelle version de blog (*) avec module statistique avancé doit bien servir à quelque chose. Pour vous consoler, dites-vous qu'il sera souvent question de vous.

Ce blog est confidentiel. Je reçois chaque jour entre quarante et soixante "visites uniques". "Visite unique" signifie que si un même numéro IP (identification de la connexion, souvent associée à un ordinateur donné s'il se connecte avec un "IP fixe") se connecte mille fois sur le blog dans une journée, une seule visite sera comptabilisée. Je le sais, j'ai essayé. J'estime à environ cent vingt le nombre de mes lecteurs réguliers (<= vous êtes ici). Ce taux de visites ne change pas depuis au moins un an. Elles ont culminé entre soixante et soixante-dix à l'époque où j'écrivais presque quotidiennement. Le record de visites en un jour depuis la naissance de ce blog est quatre-vingt-quatorze.
Pour augmenter le nombre de visites, j'ai pensé faire des dessins quotidiens, ce qui m'aurait attiré cinq cent visites de plus puisque je ne sais pas dessiner. Mais j'ai eu la flemme. J'ai pensé me faire passer pour une fille qui raconte sa vie, ce qui m'aurait octroyé deux mille visites supplémentaires, mais cela aurait pu déteindre sur mon comportement et m'attirer des problèmes au boulot (j'ai remarqué qu'un soutien-gorge se voit sous le T-shirt). J'ai pensé passer mon temps à écrire des commentaires sur des blogs célèbres mais tellement peu d'idées me sont venues face au contenu que j'y trouvais que je me suis dit bah. Je suppose que vous savez qu'écrire des commentaires ici et là est la meilleure façon d'augmenter le nombre de visites (après être une fille et dessiner). Finalement, j'ai opté pour une autre possibilité : ne pas chercher à augmenter le nombre de visites. C'est fou le temps que je gagne.

La suite des données statistiques ne peut être consultée que pour le mois qui précède, au plus loin. J'aurais aimé avoir accès aux données de l'année, mais je suppose qu'il faut payer pour ça.

Qu'êtes-vous allé lire ce dernier mois ? En toute première position "La Grande Pyramide" (67 visites en un mois). C'est l'une des deux seules nouvelles accessibles ici. On pourrait se dire que plus c'est long, plus c'est consulté, mais il faudra nuancer ce jugement face aux statistiques de provenance des visites. Derrière, "L'homo sapiens" (46 visites), "Une viennoiserie ?" (39), "Témoin de famille" (39), "Limoger" (35) et "Un pas vers la qualité" (28). J'anticipe un peu en vous révélant que ce n'est pas la récence ni le thème qui compte, mais le référencement. Peut-être devrais-je continuer de placer des liens d'un article à l'autre.

D'où venez-vous ? C'est la partie la plus intéressante de ce module statistique. Remarquez que c'est aussi la plus indiscrète. 16% des visites de ce dernier mois proviennent de moteurs de recherche, principalement notre ami Google (**). La moitié environ provient de liens placés sur d'autres sites, y compris le liens vers mon blog que je précise lorsque je fais des commentaires chez les gens.

Voyons d'abord les liens. Le lien qui m'apporte le plus de visites (19 dans le mois) se trouve sur la page de liens de Une Case En Moins, UCEM pour les intimes. J'ai d'ailleurs mis cette page de liens en lien sous "Le bouquet", dans la colonne de gauche. Ensuite vient le lien sur la page de liens de l'Oncle Dan (18 visites). Quelle star, cet Oncle Dan ! UCEM et Oncle Dan méritent bien que je fasse un peu de pub pour eux. J'ai tout de même une préférence pour Oncle Dan parce qu'il participe, et par conséquent je le connais un peu mieux. Je vous recommande de leur rendre une petite visite. En troisième position vient mon amie Jacotte, qui m'a apporté 13 visites le mois dernier, par l'intermédiaire de la liste de liens sur son blog.
Ensuite, un site de téléchargement de musique mp3 m'a apporté 9 visites, ce qui m'a intrigué au moins plusieurs minutes, parce qu'il n'y a dans ce site que des liens vers des morceaux de musique (payants). D'après moi, ce site "envoie" des visites sur des blogs afin que les blogueurs soient au courant de leur existence. Ces 9 visites ne sont pas du tout des personnes qui ont lu le contenu des articles. Leur truc a marché pour moi. Maintenant je suis client chez eux (malheureusement, je ne sais pas comment placer des morceaux de musique sur le blog). Enfin, dernier pourvoyeur notable, le célèbre Davy (Mourier) du site BadStrip. Je vous recommande une visite. Si vous êtes rebuté par les dessins du moment, allez explorer les archives, il y a de très bonnes choses.
Il y a encore quelques liens sur des blogs amis. Ces liens apportent des visites régulières. Il y a aussi les apports occasionnels causés par un commentaire ici et là. Lorsque je place un commentaire sur le blog de Maëster, par exemple, je récolte quelques passages. Mes traces statistiques m'apportent quelques découvertes intéressantes. Ainsi, un moteur de recherche Québéquois sollicité par "maison thérapie Lepage" (renvoie sur "Consultations Vonkushe et Lamarthe"), m'apprend qu'il existe une "Maison Jean-Lepage" au Canada. C'est un centre de désintoxication, dont un malfrat est soupçonné s'être servi comme plaque tournante pour un trafic de cocaïne (ce sont les progrès du marketing). Je constate aussi qu'il existe toute une théorie de moteurs de recherche qui ne sont pas considérés comme moteurs de recherche, ainsi ceux de Free ou Orange, ou le moteur interne de mon fournisseur de blog. Et puis j'ai reçu au moins une visite en provenance de mon propre blog. C'est encourageant.

Les mots clef à présent. C'est le plus amusant. Par quels mots clef les visiteurs imprudents ont-ils été introduits dans ce lieu de perdition. En perte de vitesse, mais resté de nombreux mois au top du classement : "pourquoi l'histoire ?" Ces mots sont le titre du tout premier article de la série historique, et quand ils sont soumis à Google, mon blog sort en tête de liste. Je crois que je vais peaufiner prochainement cet article, je tiens à apporter le meilleur à tous ces internautes tiraillés par le doute : doivent-ils s'intéresser à l'histoire ? Ma mission est justement d'apporter une lueur dans la nuit, quelle que soit la nuit.
Je me rend compte que sur les vingt-neuf ensembles de mots clef qui ont été à l'origine de la plupart des visites provenant de Google, quatorze sont des recherches historiques, ou du moins ont abouti à l'un des articles de la série historique. La moitié concerne les pyramides. En vrac (en respectant l'orthographe) : "qui a inventer les pyramide", "la pyramide du pharaon khoufou", "pyramide tombe pharaon", "chantier de pharaon", "quelle taille fais la plus grande pyramide", "contre maitre des pyramides", "images sur le jugement d'Osiris". J'en tire un certain nombre de conclusions. Une lourde responsabilité m'incombe. Ce blog est l'aboutissement d'une quantité importante de quêtes de connaissance historique. L'apprenti assoiffé de savoir qui arrive ici a une chance qu'il mesure probablement mal, puisqu'il est apprenti. C'est à moi de lui rendre la vérité, enfin dévoilée sur l'histoire de l'humanité, plus attrayante, afin qu'il reste parmi nous et chemine vers l'illumination plus prestement que ses congénères. Deuxièmement, je sais que mes articles historiques draineront plus de visite, car ils contiennent des mots clef qui sont relativement caractéristiques d'une recherche sur internet, des noms, des événements, des monuments. Enfin, je suis moins étonné que mes révélations concernant la Grande Pyramide aient suscité autant d'études. Le sujet est chaud. D'ailleurs, je pourrais bien en dire un peu plus prochainement.
Le mois dernier, le mot clef qui a le plus été utilisé est "Romain Lardanchet". J'ai mentionné son nom au détour d'un article il y a plus d'un an. Aujourd'hui, il a une gallerie sur le web, qui a été précisée dans un commentaire de cet article. L'effet de ces répétitions de son nom ont eu pour résultat que lorsqu'on effectue une recherche "Romain Lardanchet" sur Google, on aboutit à ce blog-ci, où l'on peut trouver le lien vers chez ce monsieur (qui aura intérêt à soigner son référencement s'il veut cesser de dépendre de moi). Encore une lourde responsabilité. Heureusement que lorsque je soumets "Monsieur Lepage", c'est également mon blog qui apparaît. D'ailleurs, l'un des mots clef répertoriés dans mes statistiques est "mr lepage", et cela me remplit de joie. A trois occasions, une personne le mois dernier a cherché explicitement le blog de Mr Lepage. C'est entièrement autre chose que d'y aboutir au hasard des indices.
Parmi les autres mots clef, nous trouvons par exemple "catherinette qui aime l'art", "mon boulanger est un type formidable", "photos de photomathon ratées" (j'apparais en page 1, mais si on retire la faute d'orthographe, j'apparais en page 3, ce n'est pas flatteur), "je sui tres desole" et pour faire bonne mesure un zeste de grivois avec "image fesses". Finalement, c'est plutôt strict, ici.

Voilà beaucoup d'informations sur vous. Et peut-être bien plus encore avec de possibles prochaines versions de blog. Et pourtant, à quelques rares exceptions près, je ne sais toujours pas qui vous êtes.




(*) J'ai appris que tout le monde ne profite pas de cette nouvelle version, qui n'a été "proposée" qu'à une partie des blogueurs domiciliés chez mon fournisseur de blog. Par exemple, mon amie Jacotte n'y a pas eu accès, et c'est bien dommage. Je ne vois pas très bien l'intérêt de maintenir deux versions en parallèle. Sauf bien sûr si on le fait pour le plaisir.
(**) "Google est ton ami".
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Jeudi 20 septembre 2007
Une dizaine de personnes stationnent devant la boulangerie. Il faut manger un petit quelque chose ce matin, on va l'acheter ici. Seulement on n'a qu'une toute petite pièce. C'est Jim qui connaît la boulangerie, en général et en particulier. Jim va s'en occuper. On lui tend la pièce. "Vas-y".

Jim sait ce que signifie cette pièce et le dit. "Pour ça, on aura soit un croissant soit un pain au chocolat. Vous voulez quoi ?" Le groupe se concerte. Un pain au chocolat a l'air bien. Mais un croissant, ça a son intérêt aussi. Pourtant les avis sont tranchés. Il faut évidemment un pain au chocolat. Quelle question ! un croissant bien sûr. Les partisans du pain au chocolat insistent sur le fait qu'il y a du chocolat, et que dans le croissant, faut-il le rappeler, il n'y a pas de chocolat. "Dans le croissant, on peut ajouter du chocolat". "Non mais ça va pas ?! Du chocolat dans le croissant ?". Jim écoute les uns et les autres. Ce n'est pas simple. Il sait que dans cette boulangerie les pains au chocolat sont moelleux, mais ils vieillissent mal. Et puis si jamais on n'est pas content de l'achat, il est moins facile de retirer les deux barres de chocolat du pain que de les ajouter dans le croissant.

On lui dit "prends un pain au chocolat".
On lui dit "tu sais, le croissant c'est le plus simple".
On lui dit "je ne veux pas t'influencer, mais personnellement je pense que le pain au chocolat c'est mieux".

Des passants accrochés par la conversation donnent leur avis. "Un pain au chocolat, c'est n'importe quoi." "Reconnais quand même que la croûte du croissant c'est pas pareil." Quelqu'un dans le groupe s'esclaffe. "Franchement, rien ne vaut les céréales." "Ta gueule !" répondent les autres.

Le groupe s'anime. Jim voit la grosse boulangère qui les surveille de l'intérieur. Elle n'a pas l'air comode. Il faut se décider. Les tenants du pain au chocolat semblent l'emporter, on planifie déjà le partage. Cette opération achève de convaincre Jim : le pain au chocolat va poser problème. Il le dit. Personne ne bronche. On le pousse vers la boutique.

Il ressort. Dans les rangs, c'est la consternation. "T'as pris un croissant ? Mais on t'avait dit un pain au chocolat !" Les amateurs de croissant se taisent. Aussi bien, ils sont moins nombreux. Jim explique. On lui répond que dans le pain au chocolat il y a du chocolat, alors que dans le croissant il n'y a pas de chocolat. On a l'impression de l'avoir déjà dit, mais apparemment cela n'avait servi à rien. Jim répète. Jim est fatigué. Il sait que s'il était sorti avec un pain au chocolat, il aurait fallu rassurer les tenants du croissant. "Je suis pas sûr que Jim s'y connaisse si bien en boulangeries. Moi quand j'étais petit, j'y allais tout le temps. On ne m'en a dit que du bien. Vous auriez dû m'écouter quand je conseillais du pain au chocolat. Voilà le résultat : on a un croissant."

Peu à peu on se résigne. Le croissant se dissèque sans résistance. On distribue. Une dizaine de personnes s'apprètent à manger leur croissant. L'un d'eux est absent, il pense à des choses plus nobles. "Ce midi, une choucroute ou du cassoulet ? Une choucroute c'est un peu aigre, mais un cassoulet ça fait pé..." On lui passe un morceau dans les mains. Il le considère. "Dites, j'ai une idée. Que diriez vous si on prenait à la place un pain au chocolat ? Cela mériterait qu'on en discute, non ?"

Jim se renfrogne. Il songe un instant à lui répondre. "Cher ami, voici ma suggestion. Tu prends ta propre petite pièce, tu choisis ta propre boulangerie, tu prends ton propre pain au chocolat, et TU T'LE FOURRES DANS L'CUL !"

Jim se montre calme cependant. Il reprend les choses depuis le début. Il réexplique à tout le monde. Le débat reprend, mais divise moins. Personne ne semble convaincu. Puis on en parle comme un souvenir. Seulement Jim sait. Demain matin, il faudra manger quelque chose. On n'aura qu'une toute petite pièce.

Jim restera à la maison demain.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Vendredi 27 juillet 2007
Je ne sais pas ce qui m'a pris. En fait, si, je sais. Mais je ne sais pas ce qui m'a pris de continuer. Encore aujourd'hui je me pose la question. J'ai les réponses, bien sûr, mais je me pose quand même la question trois ou quatre fois par jour, par habitude. Depuis presqu'un mois maintenant.

Je vous en parle parce que je viens de revoir l'excellent film "Thank you for smoking" et il a tout remué dans ma tête. Je me sens une responsabilité enver mes milliers de lecteurs. Oui, plusieurs milliers. Par an. C'est peut-être les mêmes dix qui reviennent tous les jours mais bon, ça fait plusieurs milliers par an quand même. Un sacré devoir m'incombe. Je dois m'expliquer, donner mes raisons et publiquement peser le pour et le contre de telle façon qu'a la fin j'aboutisse à une justification satisfaisante de mes actes. C'est ainsi que l'honnête homme (et, j'ai pu le constater, l'honnête femme) déroule sa vie : on fait comme on le sent, et ensuite on déterre les arguments qui vont bien si nécessaire.

J'étais malade, je respirais mal. Je me suis dit : pourquoi ne pas arrêter de fumer. Juste histoire que le peu d'air qui passait soit moins riche. L'air, c'est comme la nourriture : riche c'est bien, mais trop riche ça bouche les tuyaux. Je l'ai fait et comme par magie, quelques jours plus tard, mon état de santé n'avait pas évolué d'un poil. Par contre, j'avais gagné un léger manque qui me hantait ici et là. Comme quoi, quand on est malade, rien ne remplace les bons vieux médicaments. Bref, je me suis lancé sur un stupide coup de tête. Comprenez que je n'étais pas dans mon état normal. Je continue d'arrêter parce que je suis faible, je veux avoir l'air cool comme tout le monde, ressembler à je ne sais quel modèle. Je cède à la pression sociale comme un adolescent dépourvu de confiance en lui. Peut-être que j'en suis un, en fin de compte.

Moi qui disais si souvent : ma cigarette, c'est mon horizon, c'est mon Amérique à moi. Une liberté que je défendais jusqu'à mon dernier souffle, que j'avais pourtant rare. Comment ai pu-je en arriver là, me dis-je. J'ai honte, si vous saviez. Avant, j'étais libre. Libre ! Liiiiiiiiiibre ! J'étais libre de trembler à l'idée de tomber à court de munitions. Libre de me dire mais quand c'est qu'elle se termine cette putain de réunion que j'aille m'en griller une. Libre de communiquer à un voisin de table que je ne connaissais pas un goût de gerbe au repas (quoique de nos jours ce soit moins encouragé que dans ma jeunesse). Aujourd'hui la seule liberté qu'il me reste est celle de pester contre ces enfoirés de fumeurs chaque fois que la loi me couvre. Je tâcherai au moins d'en tirer un maximum de satisfaction.

Qu'est-ce que ça peut bien m'apporter d'arrêter de fumer, je vous le demande. C'est une question rhétorique, ne répondez pas. Rien, en fait. Au contraire, cela me coûte cher d'arrêter. Le calcul est vite fait. Je fumais des roulées pour environ 3,5€ par semaine. Maintenant, sans les vertus coupe-faim de la cigarette, mon budget bouffe a augmenté de 15€ par semaine, et ce n'est qu'un début. Et puis je suis très injustement désavantagé. Comme j'ai une excellente digestion et que je ne grossis pas, rien n'impose de limite à ma consommation de nourriture, c'est trop bête. Si l'on compte en plus qu'arrêter de fumer augmente l'espérance de vie, cette histoire peut me coûter jusqu'à plusieurs milliers d'euros. Sauf bien sûr si je m'endors au volant, quoique je n'apprécie pas ce genre de comportement qui dénote un total manque de respect envers les statistiques d'espérance de vie (le non fumeur a la responsabilité de vivre plus longtemps que le fumeur). Bref, je suis perdant à tous les coups si je continue d'arrêter.

Et ce n'est qu'une partie de l'aspect financier. Par exemple, vous saviez qu'après l'effort la cigarette est beaucoup plus efficace ? On a calculé qu'après l'amour, une cigarette en vaut trois ! Franchement ! Ce serait bien con de s'en priver, non ? Trois pour le prix d'une ! Même sans les taxes, vous n'avez pas aussi bon marché. Je perds tout cela. Heureusement que je ne fais plus l'amour depuis longtemps, j'en aurais salement bavé sinon. J'ai eu de la chance sur ce coup-là.

Tout n'est pas perdu. Je reprends quand je veux. J'arrête un moment pour voir comment c'est, pour faire ma propre expérience, et puis quand j'en aurai marre, je reprendrai. Sérieux, je vous assure, ça ne me demandera aucun effort, j'ai de la volonté. Quand je veux. Je ne veux pas souvent, mais quand je veux j'ai du vouloir. Je peux recommencer ce soir même si j'ai envie. Ce soir c'est pas le bon moment, mais demain, si je veux, je fume.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Mardi 27 mars 2007
La semaine dernière, il faisait très froid. Un temps à ne pas mettre un lion dehors.

Je dis lion parce que comme c'est un animal censé vivre dans la savanne, j'imagine qu'il apprécie les climats plutôt chauds. Par conséquent, la froideur dont je parle lui serait très désagréable. Néfaste. Mortelle, pourquoi pas. Il serait par exemple dans une cage grillagée en métal dans laquelle le vent glacé s'engouffrerait.

Comme c'est un animal qui aime, à mon avis, les grands espaces, je le mettrais dans une cage de quatre mètres sur deux. Tiens, non, je mettrais deux lion. Bon, allez, mettons-en quatre dans cette cage, pour être sûr qu'il n'y soit pas indifférent. Disons un lion et trois lionnes, pour respecter la parité (chez les lions). Si les trois lionnes sont couchées tout au bord de la cage, il peut se lever, faire deux pas, se retourner, faire deux pas, se retourner, et recommencer autant de fois qu'il le souhaite.

Comme je suppose que le lion a l'odorat très fin, je mettrais la cage sur un plateau de camion que je mêlerais à la circulation à l'heure de pointe. Des arrêts fréquents, des coups d'accélérateur, les gaz d'échappement tellement épais qu'on peut s'allonger dessus. Bien entendu, la cage ne serait pas recouverte (pour pouvoir laisser passer les gaz, ainsi que le vent dont on parlait tout à l'heure).

Comme je présume que le lion a l'ouie sensible, je klaxonnerais à tout va. Comme un homme fou, ou comme un enfant normal. Mieux, je brancherais un haut-parleur dirigé vers la cage et je hurlerais des annonces régulières à faire trembler les carreaux alentours.

Je me dis qu'avec tout cela, le lion en aurait pour son grade. Probablement il ne s'en sortirait pas. Je ne pense pas pouvoir faire mieux.

Je ne le ferai pas. Ce n'est pas que je n'aie aucune envie de taquiner les lions, au contraire : j'aime bien exercer un pouvoir. Mais quelqu'un d'autre a eu la même idée. Quelqu'un du cirque. Je l'ai entendu et vu passer sous mes fenêtres la semaine dernière.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Mardi 27 février 2007
Il y a quelques jours (le 24 février, vulg.), c'était le premier anniversaire de ce blog. Mais personne n'a rien dit, je vois que les usages se perdent.

Je ne vous referai pas le coup des systèmes qui s'auto-alimentent, je l'ai déjà fait ici.

Histoire de marquer l'événement, je vous mets tout de même un lien vers le deuxième tout premier article de ce blog.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Jeudi 15 février 2007
Je lis occasionnellement le Canard Enchaîné. Il m'arrive même de payer pour ça. Il s'agit, pour nos amis peu français, d'un journal satirique hebdomadaire. Ce journal est très enraciné dans la culture française. Il a près de 100 ans. Les journalistes d'origine, morts de vieillesse, ont bien entendu été remplacés par d'autres journalistes satiriques.

Il y a un mois est paru un article relatant les succès en justice d'un magistrat. Accusé d'un forfait que le Canard avait rapporté dans ses colonnes, le personnage attaqua le journal pour "atteinte à la présomption d'innocence". En effet, l'accusé n'avait pas encore été jugé coupable. Le Canard avait bien entendu écrit l'histoire au conditionnel, mais un juge a considéré que ce conditionnel était visiblement ironique, et a donné raison au plaignant. Le Canard doit payer 37.000 euros. Seulement, il reste au journal à invoquer une clause spécifique à la presse qui devrait annuler cette décision.

J'ai vu dans cette affaire une occasion que je ne pouvais laisser passer. J'ai donc envoyé au Canard Enchaîné, vendredi 9 février, le mail suivant :



Cher Canard Enchaîné,

J'ai lu avec attention, dans votre numéro 4500 daté du 24 janvier 2007, l'article intitulé "Un magistrat gavé par ses pairs" écrit par le journaliste Louis-Marie HOREAU.

J'irai droit au but, si vous me l'autorisez. J'ai besoin d'un peu d'argent en ce moment, et me faire violer la présomption d'innocence à coups de conditionnels ironiques est une source de revenus que je ne peux me permettre d'ignorer. Je vous demande par conséquent de publier un article sur moi, chargé de contenu accablant, au conditionnel comme il se doit, pour lequel je vous attaquerai en justice pour atteinte à la présomption d'innocence. Je ne peux espérer atteindre le gain d'une personnalité importante, magistrat ou autre, mais je pense que 4850 euros serait un compromis raisonnable. Je compte sur vous pour formuler les choses de sorte que les "règles de prescription propres aux procès de presse" ne puissent s'appliquer, parce que ce détail de législation risque de me priver de tout l'intérêt que comporte cet arrangement.

Je suis conscient que l'article pourrait être douloureux pour moi, mais depuis que le service contentieux de ma banque a vivement molesté mon pouvoir d'achat, on peut dire que la voie est maintenant ouverte, rodée et bien moins sensible. Je me tiens bien entendu à votre disposition pour vous fournir les éléments nécessaires à la composition d'un bon article satirique sur la question.

J'espère que vous ne prendrez pas une action en justice de ma part comme un signe d'antipathie à votre égard car j'aime bien ce que vous faites.

Bien cordialement.



Je n'ai pas encore reçu de réponse. Qu'à cela ne tienne, je resterai à l'affût de leurs truc et astuces pour devenir (plus) riche.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Jeudi 4 janvier 2007
Face à l'ancienne entrée de la Gare du Nord, à Paris, se trouve une taverne du nom de "Au rendez-vous des Belges". Elle est coincée entre une grande brasserie et un petit agent de change. Plus loin sur la gauche, deux brasseries, un autre agent de change, et une autre brasserie. Sur la droite, des brasseries et des fast-food. Le quartier est comme ça.

La devanture est mélange de la rusticité de la taverne bavaroise et de la couleur d'un bar à flamenco. L'ensemble ne m'a pas rappelé l'estaminet belge avec grande force. Cela tend à indiquer que le Belge aime à se rencontrer dans des endroits exotiques mais pas trop.

Pour ce qui est de la décoration intérieure, l'accueil et la carte, je ne peux pas vous dire, je me suis contenté de regarder la façade depuis l'autre côté de la rue. Avec mon sac. Si vous y allez, vous me direz ?
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Dimanche 31 décembre 2006
Imaginons.

Vous arpentez les couloirs de votre préfecture pour le plaisir. Vous découvrez dans un coin un photomaton, présenté plutôt à son avantage, et vous vous dites : "tiens, je vais faire des photos de passeport". On a toujours besoin de photos de passeport. On dit abusivement "photo DE passeport" mais vous avez bien compris "photo POUR passeport". C'est vous, et non le passeport, qui êtes pris en photo. Cela dit, chacun fait ce qu'il veut.

Comme vous le savez, nos amis américains ont exprimé le souhait d'imposer un certain nombre de contraintes pour les photos de passeport, et ils ont bien entendu été écoutés avec bienveillance. Le besoin de contrôle accru s'est fait sentir, et des systèmes automatisés d'analyse de photo (par reconnaissance d'image) on été mis en service. Or, ces systèmes sont incapables de détecter la ressemblance entre un visage neutre et le même visage souriant, entre autres choses. Par conséquent, il convient de contraindre nos expressions sur la photo en fonction de ce que les systèmes peuvent traiter, et nous pouvons nous estimer heureux de ne pas avoir à faire des grimaces. L'enjeu est fort : moins de photos plus claires, c'est plus d'avions moins sûrs, et inversement. Surtout inversement.

Puisqu'il est situé en un lieu où sont faits les passeports, le photomaton affiche un certain nombre d'indications pour obtenir une bonne photo pour passeport. Cela pourrait ne pas être le cas, vous êtes donc reconnaissant et soulagé de pouvoir suivre des instructions sans avoir à vous poser de questions. Les points à respecter sont les suivants :
-- Ne pas sourire
-- Garder les yeux bien ouverts
-- Garder une expression neutre
-- Ne pas avoir de cheveux devant les yeux
-- En cas de lunettes, celles-ci doivent être transparentes
-- Garder la tête bien droite
-- Ne pas sourire (ce doit être un point important)

Rien de bien compliqué. Vous réglez le siège à la bonne hauteur, vous glissez quatre euros dans la fente, vous choisissez une option (deux prises, quatre photos) et vous attendez non sans une légère pointe d'angoisse. Il n'y a pas de photo sans légère pointe d'angoisse.
L'appareil dit :
"Attention ! Le flash va se déclencher dans quelques instants."
La voix a beau être amène, elle est aussi directive. Vous vous raidissez tout en restant neutre, dans l'expectative. Quelques instants passent. Et puis quelques autres. Vous commencez à vous relacher. C'est à ce moment qu'une lumière crue vous viole les rétines. La machine dit :
"Souriez !"
Flash !
Les lumières s'éteignent. Vous vous dites que cette prise ne respectera peut-être pas les recommandations officielles. Vous vous recomposez pour le second tir.
La lumière revient peu après et le photomaton ordonne à nouveau "Souriez !". Flash !
Vous choisissez la meilleure prise, et les quatre photos sont disponibles quelques secondes plus tard. Vous pouvez recommencer quand vous voulez.

Il est possible que, dans les conditions où vous a placé le photomaton, vous ayez perpétré un sourire avec les yeux à demi fermés. C'est Mal. Non seulement vous vous en sentez coupable mais en plus il va falloir y retrourner de quatre euros. Je vous rassure : c'est fait exprès. On vous donne une consigne, on vous fait mariner un peu dans un état de tension, on vous jette un seau de lumière à la figure et on vous donne un ordre qui contrevient directement à la consigne, vous êtes en situation de désobéissance (soit à la consigne, soit à l'ordre). Des procédures de ce genre, n'importe quel chercheur en psychologie sociale peut vous en pondre dix par semaine. C'est très amusant. Cela dit, on ne le fait pas pour rien. En effet, vous avez été observé.

Ces photomatons sont là pour tester le niveau d'obéissance des gens. Si vous avez souri aux deux tirages, l'armée vous contacte pour vous recruter. Si vous n'avez souri à aucun tirage, vous êtes classé comme individu à risque. Si vous n'avez souri qu'au premier tirage, comme la plupart des gens, on a seulement beaucoup ri en regardant le film. Toutes ces informations sont classées, triées, analysées. Dans tous les cas : merci pour votre participation.

Ne vous en faites pas, vous n'avez pas payé votre photo d'air surpris, hésitant, contrarié, douloureux, décontenancé, ou toute expression autre que "neutre", pour rien. Les photos de passeport ratées sont d'excellentes idées de cadeau pour Noël, qui promettent de longues heures d'amusement en famille. Je profite de la fin des fêtes pour vous y faire penser. Merci qui ?
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Mardi 19 décembre 2006
Préfecture

-- Bonjour Madame, je viens pour obtenir une attestation BM.
-- Remplissez ce formulaire. Vous avez une pièce d'identité ?
-- Oui.
-- Un justificatif de domicile ?
-- Aussi.
-- Voici votre ticket.

Une heure plus tard.

-- Bonjour Madame, je viens pour obtenir une attestation BM.
-- Oui, vous avez rempli le formulaire ?
-- Tout ce que j'ai pu. Cette donnée là n'est pas prévue dans les cases.
-- C'est rien, on va le mettre quand même. Vous avez le papier A ?
-- Voici.
-- Le papier B ?
-- Voilà.
-- Un pièce d'identité ?
-- Bien sûr.
-- Un justificatif de domicile ?
-- Une quittance de loyer.
-- Le papier ZMX ?
-- Pardon ?
-- Le papier ZMX. Dans votre cas, il faut un ZMX. Je ne peux pas vous faire une attestation BM sans ZMX. Regardez, la liste des papiers à fournir stipule bien le ZMX.
-- On ne m'a pas fourni la liste qui stipule. Vous avez devant vous tous les papiers que j'ai. Comment je peux obtenir un ZMX ?
-- C'est la trésorerie qui s'occupe de ça.
-- Bon ben je vais y aller vite pendant que c'est ouvert.
-- Attendez, on va finir de faire le tour de votre dossier, comme ça ce sera fait. Vous avez le papier C ?
-- Je l'ai. Bon ben...
-- Attendez. L'adresse ne correspond pas. Vous avez mis une adresse et ce n'est pas la même que sur le justificatif de domicile.
-- Faites voir. C'est pas vrai, ils ont mis le nom du quartier au lieu du nom de la rue ces #@**$#.
-- Pardon ?
-- Excusez-moi, je suis en train de découvrir que ma quittance de loyer ne comporte pas mon adresse. Je ne suis pas aidé, quand même...
-- Bon, et bien il vous suffira de revenir avec un justificatif de domicile et le papier ZMX. Tenez, je vous laisse la liste des papiers à fournir.

Trésorerie municipale du domicile

-- Bonjour Monsieur. Pour une attestation BM, j'ai besoin d'un ZMX.
-- Pardon ?
-- Le papier ZMX. Regardez, on m'a donné une liste, et il faut un papier ZMX. Là, vous voyez ?
-- Tiens oui. Un ZMX... Laissez moi réfléchir... On peut vous faire un VZX, c'est peut-être ça ?
-- Ecoutez, moi je n'y connais rien mais... si on me demande un papier qui s'appelle ZMX, j'aime autant obtenir quelque chose qui s'appelle strictement ZMX.
-- Attendez, je demande à ma collègue.
.........
-- C'est bon, je sais ce que c'est.
-- Ah.
-- C'est pas ici que ça se fait.
-- Oh.
-- Vous devez aller au centre des impôts de votre circonscription. Tenez, je vous donne l'adresse.
-- Merci.
-- Vous n'étiez pas revenu juste pour ça, j'espère.
-- Non, j'avais aussi un papier à récupérer chez moi.
-- Ah ben ça tombe bien.
-- Oui, j'ai de la chance.

Centre des impôts de la circonscription

-- Bonjour Monsieur. Pour une attestation BM, j'ai besoin d'un ZMX.
-- Veuillez remplir ce formulaire.
.........
-- J'ai fait ce que j'ai pu. Cette donnée là n'est pas prévue dans les cases.
-- C'est rien, on va le mettre quand même. Vous avez le papier A ?
-- Voici.
-- Le papier B ?
-- Voilà.
-- Un pièce d'identité ?
-- Bien sûr.
-- Un justificatif de domicile ?
-- Une facture Télécom.
-- Le papier C ?
-- Je l'ai aussi. J'ai l'impression de faire une deuxième attestation BM.
-- Cela n'a rien à voir, c'est pour le ZMX. Vous devez absolument avoir un ZMX pour obtenir l'attestation BM.
-- Je comprends.

Préfecture

-- Bonjour Madame, je reviens pour obtenir une attestation BM.
-- Remplissez ce formulaire.
-- J'en ai déjà un, merci.
-- Vous avez une pièce d'identité ?
-- Oui.
-- Un justificatif de domicile ?
-- Aussi.
-- Voici votre ticket.

Une heure plus tard.

-- Bonjour Madame, je viens pour obtenir une attestation BM. Il me manquait juste le ZMX et le justificatif de domicile.
-- Nous allons voir ça. Vous avez rempli le formulaire ?
-- Oui, votre collègue a juste pris les notes de ce qu'il manquait.
-- Vous avez le papier A ?
-- Voici.
-- Le papier B ?
-- Voilà.
-- Un pièce d'identité ?
-- Bien sûr.
-- Un justificatif de domicile ?
-- Une facture Télécom.
-- Le papier ZMX.
-- J'ai pu l'avoir.
-- Le papier C ?
-- Aussi.
-- Voyons le formulaire...
-- Votre collègue a déjà...
-- Allons, Monsieur, laissez moi faire mon travail.
.........
-- Bien, prenez ce ticket et allez au guichet E

Guichet E

-- Bonjour Madame, je viens régler la taxe pour l'attestation BM.
-- Attendez au guichet F, s'il vous plaît.
-- On m'a demandé de me rendre au guichet E.
-- Oui, on va vous appeler au guichet F.

Guichet F

-- Quatre cent cinquante deux !! Quatre cent cinquante deux !!
-- Bonjour Madame. Voici mon ticket. Combien je vous dois pour l'att...
-- Vous payez au guichet E.

Guichet E

-- Ne remplissez pas votre chèque.
-- C'est pour moi, le prix indiqué là ? C'est... heu... c'est des euros ?
-- Oui Monsieur. Voilà, signez là.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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Dimanche 3 décembre 2006
Un ami m'a prêté un dvd. Il le fait de temps en temps. Sur la pochette du dvd on peut lire, écrit en caractères blanc gras, dans un cadre bleu marine à bords arrondis, la mention "accord parental". Juste ça. Il s'agit là, mine de rien, d'un fabuleux progrès de civilisation. J'exagère un peu, disons que c'est très pratique.

Le film reproduit sur ce dvd est un peu dur et peut choquer les enfants, c'est pourquoi ils ont besoin d'un accord parental pour le voir. Grâce à cette pochette, il bénéficient de cet accord sans demander aux parents. C'est tout l'intérêt des films livrés avec leur propre "accord parental" : il suffit que l'enfant sache lire pour qu'il puisse voir le film simplement, sans complications inutiles liées aux contraintes d'une demande d'accord des parents qui doive être mise en forme, et sensible à l'humeur du moment du parent, etc. Les parents n'ont même pas besoin d'être présents. Je vous conseille donc de bien vérifier dorénavant que les dvd que vous achetez comportent bien leur label "accord parental". Je vous recommande également d'apprendre à vos enfants à ne voir que des films qui leur octroie explicitement un accord parental, sur la pochette.

Pour le détail, dans le cas du film qui m'a été prêté, l'accord parental est situé sur la tranche inférieure de la pochette, sur le fond en quelque sorte. Si le possesseur a l'habitude de ranger ses dvd debout comme des livres dans une bibliothèque, avec le dos visible, on dit alors que "le film s'assoit sur son accord parental". C'est l'avantage de placer ses accords dans des endroits discrets.
par Impromptu publié dans : Des anecdotes
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